Le ministère de la Défense de Pologne a rejeté ce lundi les accusations selon lesquelles il aurait entravé le retour du président, Karol Nawrocki, dans le contexte de la crise politique autour du contrôle du Tribunal constitutionnel. La situation a explosé vendredi dernier et a conduit Nawrocki à interrompre prématurément une visite officielle au Sénégal pour retourner en urgence en Pologne.
"Nous démentons énergiquement la fausse information qui circule dans l'espace public, relative à la prétendue absence d'autorisation pour l'atterrissage vendredi à Varsovie de l'avion transportant le Président de la République de Pologne", a indiqué le ministère de la Défense polonais dans un message diffusé sur les réseaux sociaux en pleine crise politique.
Selon le ministère, les pilotes de l'Armée, une fois reçue l'ordre de retourner à Varsovie, "se sont immédiatement et sans aucun obstacle mis à accomplir la tâche".
"Toute information qui surgirait sur de prétendus problèmes avec le retour en Pologne de l'avion militaire est fausse. Ce type de désinformation peut être utilisé par la propagande russe et biélorusse", a averti le portefeuille de la Défense.
Le pays traverse une forte tension institutionnelle marquée par l'affrontement entre le premier ministre, Donald Tusk, et son adversaire politique historique, le leader de Droit et Justice (PiS) et ancien premier ministre Jaroslaw Kaczinski, avec le Tribunal constitutionnel comme axe du conflit.
Tusk a intensifié ce lundi ses critiques contre Nawrocki, qu'il tient pour pleinement responsable de la crise en rappelant son refus de prêter serment aux nouveaux juges. La Commission européenne a soutenu la position de Tusk, qui accuse Kaczinski de diriger une manœuvre de déstabilisation avec la collaboration du président Nawrocki et avec l'encouragement de la Russie.