La France admet des contacts avec les talibans pour rapatrier des Afghans dangereux

La France confirme des contacts techniques avec les talibans pour expulser des Afghans en situation irrégulière considérés comme dangereux, sans reconnaître le régime de Kaboul.

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Le ministère des Affaires étrangères français a confirmé ce jeudi que, bien que Paris ne envisage toujours pas de reconnaître officiellement les autorités talibanes en Afghanistan, il maintient des conversations avec certains de leurs représentants pour organiser le retour de personnes sans papiers, "dangereuses" et provenant du pays asiatique "qui représentent un risque pour la sécurité nationale" de la France.

Le porte-parole de la diplomatie française, Pascal Confavreux, a expliqué dans des déclarations recueillies par la station Radio France Internationale (RFI) que "il s'agit d'un dialogue strictement technique pour faciliter l'expulsion des citoyens afghans qui se trouvent illégalement sur le territoire national et qui représentent un risque pour la sécurité nationale".

Confavreux a réitéré que "ce sont des personnes dangereuses" et, sans fournir de données sur combien d'Afghans pourraient être renvoyés, a souligné que ce canal de communication avec les talibans constitue "un pas pour garantir la sécurité des citoyens français".

Malgré cet échange, les Affaires étrangères insistent sur le fait qu'elles ne envisagent pas la reconnaissance du régime taliban, une position partagée par la majorité des partenaires de l'Union européenne, dont l'Espagne, plus de cinq ans après que le groupe fondamentaliste a repris le pouvoir en Afghanistan après le retrait des troupes américaines, déployées pendant presque deux décennies.

Avec cette décision, la France s'aligne avec d'autres pays communautaires comme l'Allemagne, la Belgique ou la Suède, qui ont choisi d'accélérer l'expulsion des Afghans en situation irrégulière, en particulier ceux qui ont été condamnés pour des crimes tels que la traite des êtres humains ou la violence contre les personnes.

L'Allemagne, en particulier, a établi un canal direct de communication avec les autorités talibanes pour gérer ces retours. Cette voie a généré des critiques, car, d'une part, l'exécutif allemand refuse de reconnaître le régime en raison de ses violations des droits de l'homme et, d'autre part, coopère avec lui et "fait des concessions" pour rendre possibles les rapatriements.

En même temps, les Nations Unies et diverses ONG ont exprimé leur rejet de ces plans de déportation, alléguant que la situation en Afghanistan ne garantit pas des conditions sûres pour les retours forcés, surtout à la lumière des dénonciations constantes d'abus et de violations des droits de l'homme dans le pays.