L'Exécutif de la Guyane a informé ce samedi de la signature d'un accord avec les États-Unis pour accueillir de manière provisoire un contingent réduit de migrants de pays tiers expulsés depuis le territoire américain, à condition qu'ils remplissent certaines conditions et consentent volontairement à leur réinstallation.
Selon le cadre convenu, les personnes qui peuvent être incluses dans ce mécanisme devront avoir été soumises à une évaluation préalable, disposer de qualifications et ne pas avoir de casier judiciaire. De plus, les autorités de la Guyane conserveront le pouvoir de réviser individuellement chaque dossier et de rejeter tout migrant proposé par Washington.
"Le Gouvernement de la République Coopérative de Guyane confirme la conclusion d'un cadre de coopération migratoire avec le Gouvernement des États-Unis, en vertu duquel la Guyane accueillera un nombre limité et préalablement évalué de personnes qualifiées et sans casier judiciaire à travers le Programme de Retour Volontaire Assisté de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)", a expliqué l'Exécutif guyanais dans un communiqué.
L'accord établit également que les États-Unis assumeront le financement complet du transfert, tandis que l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) couvrira les coûts liés à l'arrivée, au logement et à l'accompagnement des migrants pendant leur séjour en Guyane.
"L'OIM sera responsable de la mise en œuvre opérationnelle du programme", précise le communiqué, qui ajoute que l'organisation facilitera également le maintien des migrants en contact avec leurs représentants légaux et leurs familles.
Dans ce contexte, le Gouvernement dirigé par le président Irfaan Ali a souligné de manière répétée que son Administration ne supportera aucun coût économique découlant de cette initiative.
D'autre part, l'OIM a précisé que l'accord ne signifie pas que l'agence va assumer des compétences qui relèvent de l'État de la Guyane, telles que l'admission de personnes dans le pays, la délivrance de résidence légale, la protection ou l'éventuelle expulsion.
Les autorités guyanaises ont encadré l'accord dans leur engagement envers les Droits de l'Homme et ont assuré que les migrants auront la possibilité de demander une protection internationale lorsque cela est approprié. Dans ces cas, l'OIM travaillera en coordination avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et avec les institutions nationales pour traiter les demandes.
"Le gouvernement de la Guyane ne prendra pas en charge le coût financier du programme, et l'OIM a confirmé qu'elle ne prendra pas, ni cet accord ne lui transférera, aucune des responsabilités du gouvernement en matière d'admission, de résidence légale, de protection ou d'expulsion", a réitéré l'exécutif guyanais.
Accord limité et de durée déterminée
Le cadre scellé entre Georgetown et Washington aura une portée restreinte et une durée temporaire. "Cet accord est de nature temporaire et ne constitue pas un réétablissement permanent", souligne le document officiel.
Les migrants qui seront transférés dans le pays le feront de manière volontaire et y resteront tant que leur situation migratoire ne sera pas résolue. "Les personnes réinstallées en Guyane dans le cadre du Programme de Retour Volontaire Assisté le font volontairement et attendront la résolution de leur statut migratoire tant qu'elles se trouvent en Guyane", a souligné le gouvernement guyanais.
À l'issue de cette procédure, les personnes concernées pourront retourner dans leur État d'origine ou se déplacer vers un autre pays de leur choix, de sorte que leur séjour en Guyane ne constituera pas un établissement permanent sur le territoire.
Georgetown a présenté cette entente comme une nouvelle preuve du renforcement de ses liens bilatéraux avec les États-Unis, qui se sont intensifiés et élargis ces dernières années à des secteurs tels que l'énergie, le commerce, l'investissement, la sécurité et la coopération diplomatique.
Avec ce mécanisme, la Guyane rejoint la liste des États qui ont conclu des accords avec Washington pour accueillir certains migrants expulsés des États-Unis, un groupe dans lequel figurent déjà le Belize, le Cap-Vert, le Cameroun, le Canada, le Costa Rica, l'Équateur, le Salvador, l'Eswatini, le Ghana, le Guatemala, le Honduras, le Libéria, le Mexique, le Panama, le Paraguay, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, la Sierra Leone, le Soudan du Sud et l'Ouganda.