Le gouvernement des États-Unis a communiqué ce lundi l'imposition de nouvelles limitations de visa aux citoyens de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur et du Pérou, qu'il accuse d'avoir contribué, par des pratiques de corruption ou des activités de narcotrafic, à affaiblir les gouvernements issus des urnes et l'État de droit dans l'hémisphère occidental.
Cette action s'inscrit dans l'initiative 'Bouclier des Amériques', une alliance régionale de pays de tendance conservatrice dont le but central est de combattre les organisations criminelles et ceux qui les soutiennent depuis l'intérieur des institutions publiques.
Le sous-secrétaire d'État des États-Unis, Christopher Landau, a défendu que le projet vise à passer des engagements politiques à des actions tangibles. "Le Bouclier n'est pas seulement des mots ; c'est de l'action et des résultats", a-t-il affirmé dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, dans lequel il a également annoncé que de nouvelles mesures seraient adoptées.
Landau a précisé que le Département d'État a appliqué des restrictions migratoires aux ressortissants des quatre pays qui, selon Washington, "ont sapé l'État de droit dans notre hémisphère", et a réitéré que l'exécutif américain se tient aux côtés de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur et du Pérou pour "défendre les gouvernements élus démocratiquement contre la corruption et les réseaux narco-terroristes qui cherchent à les saper".
La nouvelle politique s'appuie sur la Loi sur l'immigration et la nationalité américaine (INA, pour ses sigles en anglais), qui habilite les autorités à interdire l'entrée dans le pays lorsque la présence ou les activités prévues d'une personne peuvent entraîner des conséquences potentiellement graves pour la politique étrangère des États-Unis.
Mesures visant les citoyens de quatre pays
Le Département d'État a expliqué que ce mécanisme permettra d'agir de manière continue et agile à mesure que de nouvelles preuves seront réunies, et qu'il prévoit des restrictions tant pour les personnes directement désignées que, dans certains cas, pour leurs proches.
Dans le cas de la Bolivie, Washington a révoqué les visas en cours de douze personnes et de leurs proches directs. Parmi les personnes concernées figurent le procureur général Martín Daniel Irusta Flores ; la juge enquêtrice anticorruption et contre la violence envers les femmes de Santa Cruz Albania Chane Caballero ; l'ancien ministre de la Justice Iván Manolo Lima Magne, et l'ancien président exécutif de l'Administration nationale des douanes Alberto Samuel Soto de la Via.
À cette liste s'ajoutent neuf autres citoyens boliviens qui ne disposaient actuellement pas de visa américain et qui, avec leurs familles, ont été déclarés non éligibles pour l'obtenir à l'avenir.
En Colombie, l'administration Trump a pris des mesures contre deux citoyens et leurs familles, par la révocation de leurs visas : l'entrepreneur Euclides Antonio Torres, propriétaire d'un conglomérat principalement présent dans le secteur énergétique, et la sénatrice Martha Isabel Peralta, liée au Pacte Historique et au Mouvement Alternatif Indigène et Social (MAIS).
En Équateur, les États-Unis ont imposé des restrictions de visa à deux autres personnes et ont annulé les visas des concernés, étendant les sanctions à leurs familles selon la politique annoncée. Au Pérou, la décision a touché un citoyen — le juge du Tribunal Constitutionnel du Premier Circuit de Lima Juan Carlos Núñez Matos — et son entourage familial.
Le procureur général de Bolivie, accusé de corruption
En plus de ces restrictions, le Département d'État a publiquement ajouté le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, à la liste des fonctionnaires étrangers accusés de corruption.
La désignation de Mariaca implique que lui ainsi que ses proches ont l'entrée aux États-Unis interdite. Washington a justifié sa décision en affirmant qu'il dispose d'informations sur une supposée implication du procureur général dans "des actes de corruption significatifs".
Selon la version diffusée par le Département d'État, Mariaca, élu en 2024 pour un mandat de six ans durant la présidence de l'ancien président Luis Arce, aurait utilisé ses fonctions publiques pour demander et recevoir des pots-de-vin destinés à "faciliter le trafic de drogue" et "aider des criminels violents à échapper à l'action de la Justice".
Les États-Unis soutiennent que ces comportements entravent leurs efforts contre le narcoterrorisme et érodent les institutions démocratiques que les pays membres du 'Bouclier des Amériques' se sont engagés à renforcer. "Les fonctionnaires corrompus -- et les criminels qu'ils protègent -- ne sont pas les bienvenus aux États-Unis", a souligné Washington en expliquant les mesures.
La désignation de Mariaca a été effectuée sous l'égide de la Loi sur les Attributions pour la Sécurité Nationale, Département d'État et Programmes Connexes de 2026, qui autorise le secrétaire d'État à désigner, de manière publique ou privée, des fonctionnaires étrangers et leurs proches lorsque des informations considérées comme fiables existent sur leur participation à une corruption significative ou à de graves violations des Droits de l'Homme.