Les autorités de Maurice ont décidé de prolonger tout le week-end le couvre-feu décrété cette semaine dans le but de freiner la pire vague de troubles enregistrée dans le pays au cours des 25 dernières années. Ainsi l'a confirmé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, après que dans la dernière nuit des incidents se soient répétés, ayant entraîné l'arrestation de 16 autres personnes.
La mobilisation a commencé comme une protestation contre l'augmentation du coût de la vie, mais au fil des jours, elle s'est transformée en affrontements directs avec les forces de sécurité, accusées d'avoir tiré vendredi soir sur une jeune femme de 27 ans.
Selon le nouveau communiqué émis par le Gouvernement, le couvre-feu de ce vendredi commencera à 22h00 et se maintiendra jusqu'à 04h30 lundi. Depuis le début des manifestations, huit commissariats ont été attaqués et 31 véhicules de police ont subi des dommages, selon le rapport de la Police présenté ce vendredi au Conseil des Ministres et cité par le portail Defi Media.
Au total, 151 personnes ont été arrêtées depuis le début des troubles, parmi lesquelles 16 mineurs.
Ramgoolam avait déjà annoncé lundi l'imposition du couvre-feu dans 15 régions du pays, y compris la capitale, Port Louis, une mesure qui a ensuite été étendue à deux autres zones pour tenter de contenir les manifestations, comme il l'a de nouveau justifié ce vendredi.
"Je suis conscient que tous les Mauriciens ont des projets pour le week-end. Je comprends et partage leur déception, mais nous ne pouvons prendre aucun risque avec la vie des gens", a-t-il souligné dans un discours ce vendredi, où il a également assuré que le pays est "en train de surmonter cette crise avec succès" et "de sortir de temps sombres".
Le chef du Gouvernement a attribué les troubles à "un groupe de personnes qui incitent à la haine et à la violence" et dont le seul objectif est "de favoriser la tension dans le pays, de perturber l'ordre public et la paix".
La fusillade qui a déclenché l'indignation fait l'objet d'une enquête. L'agent qui a tiré et blessé la jeune femme, Elodie Thomas, a été arrêté et fait face à des accusations formelles. "Nous avons tous en mémoire les images de violence inacceptable : commissariats en feu, lieux pillés, véhicules de police attaqués", a déclaré Ramgoolam mardi. "Tout cela est inacceptable".