L'Union des Militaires de Troupe (UMT) a chargé ce mercredi contre la ministre de la Défense, Margarita Robles, pour ne pas aborder "aucune" des difficultés que rencontrent les soldats déployés à Ceuta après la crise résultant de l'entrée massive d'immigrants en provenance du Maroc, comme l'épidémie de gale ou les rémunérations extraordinaires, lors de sa comparution devant la Commission de la Défense du Congrès, et lui a réclamé "des réponses".
Selon l'association, l'intervention de Robles à la Chambre Basse s'est concentrée sur le détail de la chronologie de la crise, le rôle joué par le Centre National de Renseignement (CNI) et les questions relatives à l'espagnolité de Ceuta et Melilla, se limitant les allusions aux Forces Armées à louer leur travail et leur professionnalisme.
Dans une note publique, l'UMT a critiqué que la ministre ait été "presque quatre heures" devant la Commission de la Défense sans faire "une seule mention à la réalité de la troupe et de la marine" et qu'elle "élude à tout moment d'évaluer, clarifier ou assumer des responsabilités sur les conditions matérielles et sanitaires dans lesquelles opèrent les soldats sur le terrain".
L'organisation a rappelé l'épidémie de gale parmi les militaires déployés à Ceuta, le nombre réel de personnes affectées et son possible lien avec les conditions précaires d'habitabilité ; l'absence de fourniture officielle et gratuite d'EPI, qui a "forcé les militaires à se procurer des masques et des gants" ; les journées "épuisantes de jusqu'à 16 heures par jour sans respecter les pauses" ; et "l'incertitude" sur les conditions de logement et de nourriture.
Elle a également mis l'accent sur le "manque de protection et de couverture juridique spécifique" pour le personnel militaire qui effectue des patrouilles sans avoir la qualité d'agent de l'autorité et sur "l'injustice" salariale par rapport au Ministère de l'Intérieur, qui a déjà annoncé une compensation économique pour les policiers nationaux et les gardes civils.
DIX JOURS D'ATTENTE
Face à cette situation, l'UMT a demandé au Ministère de la Défense de répondre "formellement et par écrit" à ses questions sur ces sujets ; de rendre publiques les mesures sanitaires, préventives, de désinfection, de rémunération et de repos du personnel déployé à Ceuta et Melilla ; d'égaliser "immédiatement" la reconnaissance économique des Forces Armées ; et d'établir le cadre légal nécessaire pour assurer la protection physique et juridique de la troupe et de la marine en missions de sécurité et de surveillance citoyenne.
"Nous attendons depuis le 17 août que le Ministère de la Défense réponde à des questions basiques sur la santé, les repos et les rémunérations de nos collègues", a déploré le président de l'UMT, Francisco José Durán Baños. "On parle de sécurité nationale et de commandement unique, mais le soldat qui a été contaminé par la gale en dormant entassé dans une caserne désaffectée ou qui travaille des quarts de marathon ne sait toujours pas s'il va être payé ce qui lui revient ou s'il aura un repos réglementaire", a-t-il ajouté.