Le porte-parole adjoint de Sumar au Congrès et député de Compromís, Alberto Ibáñez, a censuré ce vendredi que le président du Gouvernement, Pedro Sánchez, "continue en vacances" à la résidence officielle de Lanzarote alors qu'un "drame humanitaire et l'attaque" de la souveraineté espagnole à Ceuta par le Maroc se déroulent.
Ibáñez a signalé que la semaine prochaine, des commissions parlementaires se tiendront dans lesquelles les ministres "qui ont le plus de poids dans la gestion" de la crise de Ceuta devront rendre compte de leur action. "Mais il est évident qu'il n'a aucun sens que le président du Gouvernement continue en vacances", a-t-il déclaré dans l'émission 'Al rojo vivo' de 'La Sexta', dans des déclarations recueillies par Europa Press.
À son avis, la situation dans la ville autonome après l'arrivée massive d'immigrants à la fin de juillet est "très grave" et le chef de l'Exécutif "devrait donner des explications, en premier lieu à l'ensemble du Parlement, et ensuite transmettre du calme au peuple de Ceuta".
Ceuta, débordée par l'arrivée d'immigrants
"Nous ne pouvons pas exiger plus de responsabilité et de solidarité du peuple de Ceuta", a insisté le député, soulignant que la population ceutienne est débordée et que la réponse doit être assumée par l'ensemble de la péninsule, ses communautés autonomes et le reste de l'Europe, étant donné que "c'est une frontière sud de toute l'Europe". "L'accueil et l'inclusion de toutes ces personnes qui viennent dans des conditions très complexes doivent être partagés", a-t-il ajouté.
En accord avec ce qu'a exprimé le leader de l'IU, Antonio Maíllo, et le porte-parole parlementaire de la formation, Enrique Santiago, Ibáñez a réclamé que l'Exécutif "aurait dû avoir une présence permanente et plus coordonnée" à Ceuta. À son avis, "il n'est pas acceptable comment ils traitent les filles et les garçons, les personnes migrantes, mais aussi la Guardia Civil, qui se trouve dans des conditions complètement inacceptables".
Dans ce cadre, le député de Sumar a critiqué le Gouvernement de Ceuta et le PP parce qu'ils "refusent de recevoir" des filles migrantes qui "fuient la misère et la guerre", et a dénoncé qu'en Espagne, il a été possible de "pendant quinze jours accueillir 350.000 personnes ukrainiennes sans aucun type de débat, peut-être parce qu'elles étaient blanches et blondes", tandis qu'il y a maintenant des obstacles pour s'occuper de "500 filles" qui sont entrées à Ceuta depuis le Maroc.
Maroc, la Coupe du Monde de 2030 et les "chantages"
D'autre part, Sumar a réitéré son opposition à ce que le Maroc fasse partie de l'organisation de la Coupe du Monde de football de 2030 avec l'Espagne et le Portugal tant qu'il ne garantit pas le respect des droits de l'homme, et a souligné que les éventuels "chantages" du royaume chérifien "ne sont jamais tolérables".
Dans une interview dans 'Mañaneros' (TVE) recueillie par Europa Press, Ibáñez a assuré que "en ce moment, il existe une attaque hybride sans précédent depuis le Maroc contre l'Espagne", en référence à l'entrée massive de milliers d'immigrants à Ceuta à la fin juillet, qui, à son avis, a été "orchestrée" à partir des alliances de ce pays avec les présidents des États-Unis et d'Israël, Donald Trump et Benjamín Netanyahu.
Dans ce contexte, le parlementaire a défendu la nécessité de promouvoir une politique "différente" qui place le respect des droits de l'homme "au centre", quelque chose qui, selon lui, peut être abordé dans le débat sur le football mais aussi dans d'autres domaines de la relation bilatérale.
À son avis, si l'on n'agit pas de cette manière, on court le risque que Vox utilise ces questions pour "instiller la peur et le racisme" en Espagne, malgré le fait que, selon ses dires, ils sont "amis du régime marocain".
Relation avec le Maroc et défense de la souveraineté
En ce qui concerne la possibilité que le Maroc adopte des représailles affectant les liens commerciaux avec l'Espagne, Ibáñez a défendu que le voisinage entre les deux pays "est positif tant que la souveraineté et la démocratie de tous les pays sont respectées".
Dans cette ligne, il a réitéré que "les chantages ne sont jamais tolérables", qu'ils proviennent du royaume du Maroc ou de tout autre État, et a souligné que, si Rabat aspire à maintenir un bon voisinage avec l'Espagne, il doit "revenir aux consensus", respecter la légalité internationale et assumer que l'Espagne "a une souveraineté propre".
Le député valencianiste a également soutenu que l'Espagne a le droit à la fois de "pouvoir se défendre lorsqu'il y a une attaque" et de préserver "une politique extérieure propre". Et il considère que "l'on ne peut pas dissocier" ce qui s'est passé à Ceuta de la position espagnole sur la Palestine ni de la loi de nationalité sahraouie qui est en cours au Congrès.