Sira Rego croit qu'elle approuvera après l'été la loi qui limitera l'accès des mineurs de 16 ans aux réseaux sociaux

La ministre de la Jeunesse et de l'Enfance défend que ce soient les grandes plateformes, et non les familles, les responsables de garantir des environnements numériques sûrs pour les mineurs. La norme obligera les réseaux sociaux à accréditer auprès de la CNMC qu'ils n'utilisent pas de conceptions addictives ni n'exposent les enfants et les adolescents à des contenus nuisibles.

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La ministra de Infancia y Juventud, Sira Rego, durante la presentación de los eventos institucionales programados con motivo del mes del Orgullo LGTBIQA+ | Carlos Luján

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La ministre de la Jeunesse et de l'Enfance, Sira Rego, espère que la Loi pour la protection des mineurs dans les environnements numériques pourra être approuvée « à la rentrée », une fois sa procédure parlementaire terminée et que les dernières contributions des groupes soient intégrées.

La norme vise à renforcer la protection des enfants et des adolescents contre les risques associés à l'utilisation de certaines plateformes numériques et prévoit des restrictions d'accès pour les mineurs de 16 ans lorsque les réseaux sociaux ne peuvent garantir un environnement sûr.

« La loi est actuellement en procédure parlementaire et ces dernières contributions qui ont été faites pour mieux cerner la loi sont déjà en cours de traitement », a expliqué Rego dans une interview accordée à Europa Press avant la crise migratoire enregistrée à Ceuta.

La ministre considère que la future législation représentera « un tournant » dans la protection des droits des enfants et des filles sur internet.

Rego met l'accent sur les grandes plateformes

Un des principaux objectifs du Gouvernement est de transférer la responsabilité de la protection des mineurs des familles vers les entreprises technologiques elles-mêmes.

Rego soutient que l'Exécutif a fait « un effort » pour « situer la responsabilité là où elle doit être », c'est-à-dire sur les grandes plateformes numériques.

« Cela ne peut pas continuer à être la loi de la jungle », a affirmé la ministre, qui défend que ce soient les réseaux sociaux qui doivent garantir que leurs services soient sûrs pour les mineurs.

Selon Rego, les parents ne devraient pas avoir à assumer seuls le contrôle des risques découlant des algorithmes, des contenus ou des mécanismes conçus par les entreprises technologiques.

« Ce sont les plateformes, ce sont les réseaux sociaux qui doivent garantir que l'environnement est sûr et, par conséquent, la limite doit être gérée par eux, pas par les familles », a-t-elle souligné.

La CNMC devra autoriser l'accès des mineurs

PSOE et Sumar ont convenu d'un amendement qui introduit de nouvelles obligations pour les plateformes numériques.

Les entreprises devront prouver devant la Commission Nationale des Marchés et de la Concurrence (CNMC) que leurs services respectent certaines conditions de protection.

Parmi elles, elles devront démontrer que elles n'utilisent pas de conceptions addictives, qu'elles n'exposent pas les mineurs à des contenus ou des comportements nuisibles, qu'elles protègent adéquatement leur vie privée et qu'elles disposent d'outils efficaces contre les contacts indésirables.

En cas de ne pas adapter ses services et de ne pas disposer d'une autorisation expresse de la CNMC, les plateformes ne pourront pas permettre l'accès aux mineurs de moins de 16 ans.

La mesure suppose, donc, quelque chose de plus complexe qu'une interdiction générale des réseaux sociaux pour tous les mineurs de cet âge : l'accès sera conditionné au respect de certains critères de sécurité.

«Régulation» plutôt que «interdiction»

La propre Rego a voulu nuancer la portée de la norme et assure être «partisane de parler de régulation plutôt que d'interdiction».

À son avis, tant que l'on avance vers un modèle régulé, les administrations doivent être plus exigeantes concernant l'entrée des enfants et des adolescents dans certains environnements numériques.

La ministre dénonce qu'une bonne partie de l'écosystème numérique fonctionne actuellement sous une sorte de «loi de la jungle», avec des algorithmes opaques et peu de transparence sur les critères qui déterminent quels contenus reçoivent les utilisateurs.

Rego soutient que ce manque de contrôle est particulièrement problématique lorsqu'il affecte des mineurs.

Santé mentale, attention et comportements addictifs

La ministre a également souligné les effets que certains spécialistes lient à l'utilisation intensive ou non régulée de certaines plateformes.

Parmi les problèmes cités figurent les conséquences sur la santé mentale, la capacité d'attention ou la fixation des connaissances.

Rego avertit en outre de l'existence de plateformes conçues pour générer des comportements de consommation compulsive ou addictive, l'un des éléments que la future loi vise à limiter.

Pour cette raison, elle considère que l'intervention publique ne peut se limiter à établir un âge minimum.

Accompagnement des familles et alternatives à l'environnement numérique

Jeunesse et Enfance propose de compléter la régulation par des mesures éducatives et d'accompagnement.

Rego plaide pour développer «des mécanismes de pédagogie» pour les familles, dans le cadre de la Stratégie Nationale des Environnements Numériques Sécurisés, et pour promouvoir des alternatives de loisirs et de socialisation éloignées des écrans. La ministre rejette, néanmoins, un veto absolu à la technologie.

«Il ne s'agit pas» de dire un «non radical» à l'environnement numérique ni d'adopter «des positions maximalistes de rejet», a-t-elle défendu. L'objectif, selon elle, est que l'incorporation des enfants et des adolescents dans ces espaces soit graduelle, accompagnée et avec des garanties, s'adaptant également à leur processus de maturation.

Le cadre européen a limité l'ambition initiale de la loi

Rego reconnaît que le Gouvernement partait d'une position plus exigeante, mais assure que la réglementation européenne a obligé à réduire une partie des aspirations initiales du projet.

La ministre considère qu'il faudra encore attendre le texte définitif pour connaître avec précision jusqu'où iront les obligations imposées aux plateformes.

De plus, une fois la loi approuvée, il sera nécessaire d'élaborer un règlement de développement qui précise son application pratique. La réglementation s'intégrera, selon Rego, dans un ensemble plus large de réformes liées au nouveau écosystème technologique.

Parmi elles, elle a cité la Loi Organique pour le bon usage et la gouvernance de l'Intelligence Artificielle, la réforme du droit à l'honneur ou le Statut de l'Artiste, qui régule également la participation des mineurs de 16 ans à certaines activités artistiques.

Espagne cherche coordination avec d'autres pays

La ministre défend également que la protection des mineurs sur internet ne peut être abordée uniquement par des normes nationales.

« Il ne suffit pas de normes au niveau étatique », a-t-elle assuré, réclamant une plus grande coordination internationale pour avancer vers une gouvernance globale de l'environnement numérique.

Rego soutient qu'il existe une préoccupation croissante dans de nombreux pays, indépendamment de l'orientation politique de leurs gouvernements, pour établir des limites aux grandes plateformes.

La question concerne particulièrement les réseaux sociaux et la manière dont ces entreprises conçoivent leurs algorithmes, captent l'attention des utilisateurs ou gèrent les données des mineurs.

La France tente également de limiter les réseaux sociaux aux mineurs

L'Espagne n'est pas le seul pays européen à tenter de durcir les règles. Fin juillet, le Parlement français a adopté une norme destinée à interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux mineurs de 15 ans.

Cependant, le Conseil Constitutionnel français a annulé la loi le 14 août dernier en considérant que la mesure était disproportionnée et qu'elle affectait le droit à la liberté d'expression et de communication.

Après cette décision, le président français, Emmanuel Macron, a chargé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de rédiger une nouvelle version qui soit juridiquement compatible avec le jugement et avec le cadre européen. L'objectif de l'Exécutif français reste de faire avancer la réforme avant le printemps 2027.

La loi espagnole aborde sa phase finale

En Espagne, la future Loi pour la protection des mineurs dans les environnements numériques aborde maintenant sa dernière phase parlementaire.

Rego fait confiance au fait que le texte puisse recevoir le feu vert après l'été, bien qu'il devra encore surmonter le processus d'amendements et finaliser définitivement certains de ses éléments.

Le changement fondamental que propose la norme est de transférer le centre de la responsabilité : les plateformes devront prouver que leurs services sont sûrs pour les mineurs et, si elles ne le font pas, elles ne pourront pas leur ouvrir la porte avant 16 ans.

Bonjour, je m'appelle Fren. Comment puis-je vous aider ?