Des épidémiologistes avertissent que la crise du logement nuit à la santé et constitue une crise de santé publique.

La Société Espagnole d'Épidémiologie lie la crise du logement à un grave problème de santé publique et alerte sur son impact sur l'inégalité sociale.

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La Société Espagnole d'Épidémiologie (SEE), par l'intermédiaire de son Groupe de Travail sur les déterminants de la Santé, a diffusé un document de positionnement dans lequel elle alerte que les difficultés d'accès à un logement et de le conserver ont un impact direct sur le bien-être et peuvent intensifier les inégalités sociales. Pour cela, elle soutient que le débat sur le logement constitue également une "crise de santé publique".

Dans le contexte des mobilisations citoyennes en défense du droit au logement, cette société scientifique souligne que garantir un foyer adéquat, stable, sûr et abordable doit être considéré comme une priorité de santé publique. "Disposer d'un logement stable offre aux personnes sécurité, intimité et enracinement", affirme-t-elle dans le document.

À l'inverse, elle avertit que l'insécurité résidentielle, y compris les processus ou menaces d'expulsion, entraîne d'importants effets négatifs sur la santé et le bien-être. Elle indique que ceux qui traversent ces circonstances présentent de pires indicateurs de santé mentale, avec un risque accru de suicide, ainsi qu'une mauvaise santé physique, des impacts qui peuvent s'étendre aux enfants et aux adolescents.

Les spécialistes insistent sur les risques découlant de la pression économique pour faire face au paiement du loyer ou de l'hypothèque, un fardeau qui peut obliger les ménages à réduire les dépenses en alimentation, chauffage, fournitures ou médicaments. Dans ce sens, ils soulignent que consacrer une proportion élevée des revenus au logement, ou vivre avec la peur constante de le perdre, agit comme un facteur de stress chronique.

Ces situations, ajoutent-ils, peuvent déboucher sur l'exclusion résidentielle et le sans-abrisme. Les personnes sans domicile supportent un lourd fardeau de problèmes de santé, une mortalité prématurée plus élevée et de multiples barrières pour accéder et maintenir des soins de santé continus.

De plus, ils rappellent qu'il existe de nombreuses preuves concernant la relation entre les conditions de logement et la santé. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les températures extrêmes à l'intérieur du foyer, le surpeuplement et l'humidité sont associés à une augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires, des blessures et des problèmes de santé mentale.

TURISTIFICATION, GENTRIFICATION ET RÉSEAUX VOISINAUX

La SEE met également l'accent sur les conséquences de la touristification et de la gentrification, qui déplacent la population résidente, transforment le commerce de proximité et affaiblissent les réseaux de voisinage.

Selon les détails de la société scientifique, la rupture de ces liens peut diminuer le soutien social et le sentiment d'appartenance, tout en favorisant l'isolement, la solitude non désirée et le déracinement.

D'autre part, les épidémiologistes avertissent que la pénurie de logements abordables peut entraver la disponibilité des professionnels nécessaires pour soutenir les services publics essentiels. En particulier, ils signalent que cette situation peut devenir un obstacle pour attirer et retenir des professionnels de la santé et des enseignants, parmi d'autres profils clés.

Face à ce scénario, la SEE défend que l'accès à un logement décent est "fondamental" pour protéger et promouvoir la santé de la population et précise que "cet accès ne peut pas se limiter à disposer d'un toit", mais doit inclure les conditions nécessaires pour développer un projet de vie "sans que le coût du logement compromette l'alimentation, les fournitures de base ou les soins de santé".

"Investir dans le logement, c'est investir dans la santé, dans des quartiers sains, des communautés cohésives et dans une société avec moins d'inégalités en santé. Garantir le droit au logement, c'est aussi garantir les conditions nécessaires pour que le droit à la santé puisse être effectif", conclut la société scientifique.