Le Yémen appelle le Conseil de sécurité à empêcher les Houthis d'utiliser Bab el Mandeb comme chantage.

Yémen demande au Conseil de sécurité que la protection de Bab el Mandeb soit une responsabilité mondiale et ne reste pas entre les mains des houthis.

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Le gouvernement du Yémen reconnu internationalement a réclamé ce mardi à la communauté internationale d'assumer comme une "responsabilité partagée" la protection du détroit de Bab el Mandeb et d'éviter que cet enclave stratégique pour le commerce mondial ne se transforme en une "carte de chantage d'un groupe terroriste", en référence directe aux rebelles houthis.

L'ambassadeur yéménite auprès des Nations Unies, Abdulá Alí Fadhel al Saadi, a lancé ce message lors d'une session d'urgence du Conseil de sécurité, convoquée après la récente prise par l'insurrection houthie de la côte yéménite de la mer Rouge, fruit d'une offensive initiée au début de septembre.

Al Saadi a souligné que Bab el Mandeb "est un territoire et des eaux du Yémen, mais les intérêts qu'il protège transcendent ses frontières et affectent tous les pays de la planète". Il a ajouté que "chaque navire qui traverse ce détroit, chaque envoi --y compris ceux d'énergie-- et chaque chaîne d'approvisionnement qui en dépend font que sa sécurité fait partie de la sécurité économique des pays situés à des milliers de kilomètres du Yémen".

Le représentant yéménite a insisté sur le fait que les forces qui combattent aujourd'hui les houthis ne remplissent pas seulement leur "devoir national", mais se trouvent "en première ligne de défense d'un corridor international dont dépendent les intérêts de tout le monde".

Dans son intervention, il a alerté le Conseil de sécurité des conséquences de laisser le Yémen seul face à la protection de Bab el Mandeb. Il a posé "la question" de savoir si la communauté internationale "reconnaîtra que protéger cet intérêt est une responsabilité partagée ou si elle laissera les Yéménites seuls pour assumer le coût de protéger un corridor dont tout le monde a besoin (...) Si elle acceptera qu'une des voies de passage les plus importantes du monde pour le commerce et l'énergie se transforme en un outil de chantage entre les mains d'un groupe terroriste transnational".

Al Saadi a demandé au Conseil "plus qu'une simple condamnation" de l'offensive houthie, qui laisse déjà plus de cinq cents morts et 100 000 déplacés, selon les chiffres diffusés ce même mardi par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). À la place, il a proposé "de construire un système de dissuasion qui empêche les milices de transformer le territoire yéménite en une plateforme ouverte de menaces qui met en danger la région et le monde".

Le diplomate a détaillé que cette approche doit s'articuler "par l'application effective de l'embargo sur les armes, mettant fin aux réseaux de financement et de contrebande, empêchant le flux de personnel militaire, de technologie et de savoir-faire, et renforçant les capacités de l'État yéménite et de ses partenaires pour protéger les côtes, les ports, les eaux territoriales et les corridors maritimes".

Sur le terrain, les Houthis ont lancé une offensive dans des zones des provinces de Taiz et de Hodeida et, depuis lors, ont réalisé des avancées significatives, dont la capture de la ville de Moca et de zones proches du détroit de Bab el Mandeb. Ce tournant constitue un revers sévère pour les autorités yéménites reconnues internationalement, soutenues par l'Arabie Saoudite.

Ces progrès ont élargi la capacité des rebelles à influencer le trafic maritime à travers Bab el Mandeb -- quelque chose qu'ils ont déjà promis de ne pas faire --, un corridor dont la pertinence a augmenté après les perturbations du transit dans le détroit d'Ormuz à la suite de l'offensive lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

La détérioration de la situation sur le terrain menace de faire sauter la trêve conclue en 2022, après des années de conflit et malgré les efforts de médiation des Nations Unies pour parvenir à un accord de paix mettant fin à la guerre commencée en 2014, qui a plongé le pays dans l'une des crises les plus graves à l'échelle internationale.

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