Les députés approuvent le blindage de Milei à la propriété privée mais récupèrent la Loi sur les Terres

Des députés argentins approuvent la loi de Milei sur la propriété privée, mais rétablissent la Loi sur les Terres de 2011, qui limite l'achat de terres par des étrangers.

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La Chambre des députés d'Argentine a approuvé ce mercredi, par une marge très étroite, le projet de loi sur l'inviolabilité de la propriété privée, l'une des pièces clés du paquet législatif impulsé par le gouvernement de Javier Milei. Néanmoins, ayant modifié le texte et incorporé deux dispositions qui rétablissent la loi sur les terres de 2011, abrogée précédemment par décret de l'exécutif, le texte devra retourner au Sénat pour une nouvelle sanction.

L'initiative a dépassé une session longue et tendue avec 124 votes favorables, 119 contre et six abstentions, selon le journal "La Nación". Ces abstentions se sont révélées décisives pour que le projet avance : cinq correspondaient à des députés proches du gouverneur de Córdoba, Martín Llaryora, du Parti justicialiste, et la sixième au législateur Álvaro González, de Propuesta Republicana (PRO), le parti dirigé par l'ancien président Mauricio Macri.

Ont soutenu le projet La Libertad Avanza (LLA), force dirigée par Milei, avec ses principaux partenaires : PRO, l'Union Civique Radical (UCR) de tendance centriste et quelques blocs provinciaux. En face, se sont alignés Unión por la Patria (UP), la Coalition Civique (CC), le Front de Gauche (FIT), le Mouvement d'Intégration et de Développement (MID) et les députés référencés auprès des gouverneurs de Catamarca, Raúl Jalil, et de Tucumán, Osvaldo Jaldo, tous deux du Parti justicialiste.

Les modifications obligent à ce que le projet retourne à la Chambre haute, car des changements ont été introduits dans les lois sur les expropriations et la régularisation domaniale, en plus d'ajustements qui facilitent les expulsions et mettent à jour le fonctionnement du registre de la propriété immobilière, selon les informations de la chaîne Todo Noticias.

En matière d'expropriations, le texte limite la marge d'action de l'État, exige que la fin d'utilité publique soit strictement définie selon des critères d'aptitude, de nécessité et de proportionnalité, et établit qu'il doit être payé 100 % de l'indemnisation — y compris la valeur marchande et le manque à gagner — avant que le transfert de propriété ne soit concrétisé.

Rétablissement de la loi sur les terres de 2011

Parmi l'ensemble des changements introduits, se distinguent ceux du chapitre IV, qui garantit la continuité de la loi sur les terres, précédemment annulée par le gouvernement par décret. Ce rétablissement a obtenu un soutien écrasant : 239 députés ont voté en faveur.

Dans cette ligne, la Chambre a décidé d'ajouter deux nouveaux articles au projet : le 38, qui abroge l'article 134 du Décret de Nécessité et d'Urgence (DNU) 70/2023 avec lequel l'Exécutif de Milei avait éliminé la Loi sur les Terres, et le 39, qui rétablit la Loi 26.737 de 2011 —approuvée sous le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner— et impose à nouveau de fortes restrictions à la possession de terres rurales par des étrangers en Argentine.

La réglementation établit, de manière concrète, que les personnes physiques et morales étrangères ne peuvent pas concentrer plus de 15 % de la superficie totale des terres rurales à l'échelle nationale, provinciale et municipale.