Le Congrès censure Marlaska pour la crise de Ceuta et réclame au Gouvernement de demander des explications au Maroc.

Le Congrès désapprouve Marlaska pour la crise migratoire à Ceuta et réclame au Gouvernement plus de renforts, de retours et de pression diplomatique sur le Maroc.

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Le Plénum du Congrès a approuvé ce mercredi la réprobation du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, pour son action face à la crise provoquée par l'entrée massive d'immigrants à Ceuta le mois dernier de juillet, et a demandé au Gouvernement d'exiger "des explications claires" du Maroc sur son rôle dans ces faits.

Ces demandes sont incluses dans la motion conséquence de l'interpellation que le PP a adressée la semaine dernière à Marlaska, un texte soumis à vote par sections, mais finalement soutenu dans son ensemble.

En particulier, la Chambre a désapprouvé le responsable de l'Intérieur pour la gestion à la tête de son département, la "évidente désorganisation des frontières espagnoles", l'"abandon de Ceuta et ses répétées contradictions sur les avis et alertes préalables".

Ce point, qui demande également au président du Gouvernement de procéder à sa destitution, a prospéré avec le soutien du PP, UPN et Junts. Pour sa part, Podemos, Bildu, BNG, Coalición Canaria et Àgueda Micó (Compromís) se sont abstenus, tandis que le PSOE, Sumar, ERC et PNV ont voté contre.

De plus, la motion demande à l'Exécutif de renforcer de manière immédiate et stable la présence dans la ville autonome de la Police Nationale, de la Garde Civile et, tant que nécessaire, des Forces Armées à Ceuta, en leur fournissant des effectifs, des moyens matériels, des logements, des indemnités et des conditions adéquates pour assurer la protection de la frontière, maintenir l'ordre public et retrouver la normalité.

Dans cette ligne, il est demandé de déployer des dispositifs spéciaux de sécurité dans les rues, les espaces publics, les centres éducatifs, leurs accès et les parcours habituels de "scolaires, femmes et mineurs". Toutes ces propositions ont été adoptées avec le vote favorable du PP, Vox, UPN et CC, l'abstention de Junts et PNV et le rejet du reste des groupes.

Retour des immigrés et situation des mineurs

De même, le PP, Vox et Junts ont permis d'approuver le point qui incite le Gouvernement à adopter toutes les mesures nécessaires pour rendre effectif le retour ou la restitution de ceux qui sont entrés de manière irrégulière à Ceuta, point sur lequel seul CC s'est abstenu et face auquel le PSOE, Sumar et leurs partenaires habituels ont voté contre.

La Chambre propose de recourir à tous les instruments juridiques nationaux, européens et bilatéraux disponibles et d'augmenter d'urgence les ressources humaines et matérielles destinées à l'identification et à la gestion des dossiers de restitution, retour ou asile.

En relation avec les mineurs étrangers non accompagnés, le Congrès urge de prioriser leur identification, la détermination de leur âge et la localisation de leurs familles pour procéder, en tenant compte de leur intérêt supérieur, à leur retour dans l'environnement familial ou à leur remise aux services de protection de leur pays d'origine.

Le PP a également réussi à faire avancer ses propositions dans le domaine diplomatique, qui ont bénéficié du soutien de Vox et UPN et de l'abstention de CC, Junts et PNV. Ainsi, il est demandé au Gouvernement de convoquer en consultation l'ambassadeur d'Espagne au Maroc et de rappeler l'ambassadrice marocaine en Espagne en raison de la réitération des revendications concernant Ceuta et Melilla de la part de membres du Gouvernement marocain.

De même, il est demandé à l'Exécutif d'exiger des explications claires sur l'action des autorités marocaines durant les 30 et 31 juillet et, en particulier, sur si "ils ont permis, consenti ou facilité l'entrée massive qui a violé une frontière espagnole et européenne à Ceuta".

Lors de la session de ce mercredi, la motion résultant de l'interpellation que Vox a également adressée à Marlaska lors de la précédente Plénière de contrôle a été soumise au vote, mais, contrairement à celle du PP — qui dans ce cas s'est abstenue —, elle a été rejetée.

La proposition de Vox rejetée par le Congrès

Le texte de Vox, finalement rejeté, désignait le Gouvernement comme "coupable" des "crimes" que pourraient commettre les immigrants à Ceuta et des conséquences économiques de leur présence dans la ville autonome. De plus, il reconnaissait le travail des Forces et Corps de Sécurité et des militaires déployés à Ceuta et dénonçait les conditions dans lesquelles ils exercent leur travail, qui, selon Vox, sont dues à la "négligence" de l'Exécutif.

Dans un autre de ses points, le document réaffirmait la "pleine et indiscutable souveraineté espagnole" sur Ceuta, Melilla, les Chafarinas, Vélez de la Gomera, Perejil et Alhucemas, rejetait toute négociation avec le Maroc à ce sujet — mentionnant expressément l'option d'une "souveraineté partagée" —, condamnait les déclarations de ministres marocains remettant en question leur espagnolité et exigeait du Maroc la reconnaissance de la souveraineté espagnole en Afrique du Nord.

L'initiative de Vox défendait également le renvoi au Maroc de toutes les personnes qui sont entrées illégalement à Ceuta, ainsi que le renforcement militaire et policier des frontières avec plus de moyens matériels, technologiques et juridiques, y compris le déploiement de la Marine à la frontière maritime et l'attribution à ces effectifs de "règles d'engagement claires et conformes au Droit, qui assurent le succès de leur fonction".

Enfin, elle proposait de dénoncer ce qui s'est passé devant des organismes internationaux, de suspendre le Traité d'Amitié, de Bonne Voisinage et de Coopération signé en 1991 avec le Maroc si le royaume alaouite ne rectifie pas ses "actions hostiles" et de promouvoir au sein de l'Union Européenne la suspension ou la révision de l'accord d'association avec ce pays.

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