Les éclipses lunaires les plus spectaculaires de l'histoire : de Colomb à la grande Lune rouge de 2018

L'éclipse partiel de ce 28 août permettra de voir depuis toute l'Espagne comment l'ombre de la Terre couvre presque complètement la Lune. Ce ne sera pas le plus long ni le plus étrange enregistré, mais il arrive après quelques éclipses qui se sont distinguées par leur durée, leur rareté ou même par le rôle qu'elles ont joué dans des épisodes historiques.

6 minutes

EuropaPress 6940058 vista eclipse lunar septiembre 2025 barcelona catalunya espana fenomeno

EuropaPress 6940058 vista eclipse lunar septiembre 2025 barcelona catalunya espana fenomeno

Ajouter DÉMOCRAT sur Google

Demandez à FREN

Publié

Dernière mise à jour

6 minutes

Les plus lus

L'éclipse lunaire du 28 août 2026 sera visible depuis toute l'Espagne et atteindra une magnitude de 0,93, suffisante pour que la Lune soit profondément immergée dans l'ombre terrestre. Le phénomène s'ajoute à une longue liste d'éclipses qui ont attiré l'attention pour leur durée, pour se produire en même temps que d'autres phénomènes astronomiques ou pour avoir été liés à des épisodes historiques. L'Institut Géographique National confirme que celui de ce vendredi sera partiel et pourra être contemplé à l'œil nu sans protection spéciale.

Il n'existe pas de classification scientifique des "meilleurs" éclipses lunaires. Un éclipse peut être exceptionnel pour être particulièrement longue, parce que la Lune traverse profondément l'ombre terrestre ou parce qu'elle coïncide avec une superlune.

D'autres ont marqué l'histoire pour des raisons complètement différentes.

Les catalogues de la NASA permettent de reconstruire des milliers d'années d'éclipses et de déterminer avec précision combien de temps a duré chaque phénomène. Parmi ceux qui se sont produits au cours des dernières décennies, certains sont particulièrement singuliers.

27 juillet 2018 : l'éclipse totale la plus longue du XXIe siècle

L'éclipse du 27 juillet 2018 occupe une place de choix pour une raison objective : c'était l'éclipse lunaire totale avec la phase de totalité la plus longue de tout le XXIe siècle.

La Lune est restée complètement dans l'ombre terrestre pendant environ 1 heure et 43 minutes. Si l'on compte toute la phase partielle, l'éclipse s'est prolongée pendant presque quatre heures.

La durée s'explique par deux circonstances qui ont coïncidé.

La Lune était proche de l'apogée, le point le plus éloigné de la Terre dans son orbite. À cette distance, elle se déplace un peu plus lentement. En même temps, elle a traversé l'ombre terrestre près de sa partie centrale, ce qui a nécessité de parcourir une distance plus grande avant d'en sortir.

Le résultat a été une Lune intensément assombrie et rougeâtre visible depuis une grande partie de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie, de l'Australie et de l'Amérique du Sud.

31 janvier 2018 : superlune, Lune bleue et éclipse à la fois

Seulement six mois auparavant, un autre phénomène s'est produit qui a été associé à une combinaison beaucoup plus inhabituelle.

Le 31 janvier 2018 ont coïncidé une éclipse totale de Lune, une superlune et ce que l'on appelle communément une Lune bleue, c'est-à-dire la deuxième pleine Lune d'un même mois.

La NASA a popularisé ce phénomène comme une "super blue blood moon".

"Bleu" ne décrivait pas sa couleur. Pendant l'éclipse, la Lune a acquis les habituels tons rougeâtres d'une totalité.

La condition de superlune était due au fait que le satellite se trouvait relativement proche du périgée, rendant sa taille apparente quelque peu plus grande. La NASA estime qu'une superlune peut paraître jusqu'à environ 14% plus grande qu'une pleine lune située plus loin.

La totalité a duré environ 1 heure et 16 minutes.

28 septembre 2015 : la grande superlune éclipsée

Une autre combinaison particulièrement frappante s'est produite dans la nuit du 28 septembre 2015.

La pleine lune coïncidait pratiquement avec le point de plus grande approche à la Terre de cette année-là : elle était à environ 356.877 kilomètres lorsqu'elle a traversé l'ombre terrestre.

L'éclipse a été totale et la phase de totalité a duré environ 1 heure et 12 minutes. Elle a pu être vue depuis l'Europe, l'Afrique et une grande partie de l'Amérique.

La proximité du satellite a légèrement augmenté sa taille apparente et a transformé le phénomène en l'un des éclipses lunaires les plus photographiés de cette décennie.

19 novembre 2021 : l'éclipse partielle qui a duré presque trois heures et demie

Tous les records ne concernent pas les éclipses totales.

Le 19 novembre 2021, la Lune a subi une éclipse partielle extraordinairement profonde. La NASA a calculé qu'environ 97% du disque lunaire est resté dans l'ombre terrestre.

Sa phase partielle a duré 3 heures, 28 minutes et 24 secondes, en faisant l'éclipse lunaire partielle la plus longue en environ 580 ans, selon la NASA.

La différence par rapport à une totalité était visuellement minimale : seule une étroite bande est restée directement illuminée par le Soleil.

Ce comportement permet de la comparer à l'éclipse du 28 août 2026. Le prochain phénomène sera également une éclipse partielle très profonde, bien que son ampleur soit légèrement inférieure : 0,93.

16 mai 2022 : une Lune rouge visible depuis l'Europe

L'éclipse totale du 16 mai 2022 a suscité un intérêt particulier pour les observateurs européens.

La totalité a duré environ 1 heure et 25 minutes et a pu être observée depuis l'Amérique, l'Afrique et l'Europe. Son ampleur seuil a atteint 1,414, ce qui signifie que la Lune a pénétré largement dans l'ombre terrestre.

La Lune était également relativement proche du périgée, de sorte que son diamètre apparent était environ 7% plus grand que la moyenne, selon les calculs de la NASA.

C'était l'un des derniers grands éclipses totales de Lune largement visibles depuis cette partie du monde avant les phénomènes de 2025 et 2026.

1504 : l'éclipse que Christophe Colomb a utilisée en Jamaïque

Il y a des éclipses importants non pas pour leurs caractéristiques astronomiques, mais pour les histoires qui leur sont associées.

Un des exemples les plus connus s'est produit entre le 29 février et le 1er mars 1504, lorsque Christophe Colomb était bloqué en Jamaïque depuis des mois lors de son quatrième voyage en Amérique.

La NASA confirme que cette nuit-là a eu lieu un éclipse totale de Lune, avec une totalité d'environ 48 minutes.

Selon le récit transmis par son fils Fernando, Colomb connaissait à l'avance l'éclipse grâce à des tables astronomiques et l'a utilisée pour faire pression sur la population indigène, qui avait cessé de fournir des aliments à ses hommes.

Colomb aurait averti que son dieu montrerait sa colère en faisant disparaître et rougir la Lune. Lorsque l'éclipse a commencé, il a utilisé le phénomène pour renforcer sa menace et a réussi à obtenir à nouveau des provisions.

L'épisode apparaît dans des sources historiques, bien que certains historiens avertissent que les détails du récit doivent être pris avec prudence et proviennent principalement des chroniques liées à Colomb lui-même. L'existence et la date de l'éclipse, en revanche, sont astronomiquement confirmées.

1573 : l'éclipse qui a mis à l'épreuve Tycho Brahe

Un autre éclipse a eu des conséquences beaucoup plus scientifiques.

Le 8 décembre 1573, l'astronome danois Tycho Brahe a observé une éclipse lunaire totale qu'il avait lui-même calculée au préalable.

Les enregistrements historiques compilés par la NASA montrent comment Brahe a ensuite souligné la précision avec laquelle il avait réussi à la prédire. Cette éclipse a eu une totalité d'environ 1 heure et 34 minutes.

Les observations d'éclipses ont été pendant des siècles un outil fondamental pour améliorer les modèles de mouvement de la Lune et vérifier la précision des tables astronomiques.

Les éclipses lunaires ont également aidé à démontrer que la Terre est sphérique

Bien avant les télescopes, les éclipses apportaient déjà des indices sur la forme de notre planète.

Aristote a noté au IVe siècle avant notre ère que l'ombre projetée par la Terre sur la Lune pendant les éclipses avait toujours un bord courbe.

Ce comportement constituait une des preuves utilisées dans l'Antiquité pour argumenter que la Terre avait une forme sphérique.

Plus tard, des astronomes comme Aristarque ont profité de la géométrie des éclipses pour tenter d'estimer les dimensions et distances relatives de la Terre et de la Lune.

Quelle place occupe l'éclipse du 28 août 2026

Celui de ce vendredi ne battra aucun grand record historique.

Ce sera une éclipse partielle, pas totale, mais elle atteindra une magnitude de 0,93, de sorte que la plus grande partie de la Lune parviendra à s'introduire dans l'ombre terrestre.

Son autre attrait réside dans la visibilité. L'IGN confirme que la phase partielle pourra être observée depuis toute l'Espagne, bien que dans le centre et l'est péninsulaire, aux Baléares et à Melilla, la Lune se couchera avant la fin de cette phase.

Dans l'ouest de la Péninsule, aux Canaries et à Ceuta, elle pourra être suivie plus longtemps avant le coucher de la Lune.

De plus, elle arrive à peine 16 jours après l'éclipse totale de Soleil du 12 août, une proximité qui n'est pas due au hasard. L'IGN explique que les éclipses solaires et lunaires ont tendance à se présenter groupées : lorsque la géométrie orbitale permet l'une, environ une demi-lunaison plus tard, une autre peut se produire.

Bonjour, je m'appelle Fren. Comment puis-je vous aider ?