Des supermarchés aux banques de sang : ce qui peut paralyser un cyberattaque

Une vague d’attaques informatiques a modifié les systèmes de refroidissement de commerces européens et trois centres de réservation de sang en France ; les incidents ont provoqué des pertes d’aliments, mais les alertes ont évité des conséquences sanitaires

Ajouter DÉMOCRAT sur Google

Demandez à FREN

Publié

Dernière mise à jour

7 minutes

Les plus lus

Elecciones 29N · Encuestas

La media de las encuestas

Media a 7 de noviembre de 2026 · 11 institutos

  • PP31,0 %
  • PSOE26,2 %
  • Vox19,5 %
  • Frente Amplio6,6 %
  • ERC2,4 %
  • SALF2,2 %
  • Podemos2,1 %
01020304050ene 2024jul 2024ene 2025jul 2025ene 2026jul 2026

Media del último estudio de cada instituto en 30 días y su evolución semanal desde el 23J. Partidos con al menos un 2 %.

Todas las encuestas

Elecciones generales del 29 de noviembre · Demócrata

Une cyberattaque n’a pas besoin de bloquer une page web ou de voler les données d’une entreprise pour provoquer d’importants dégâts. Ces dernières semaines, plusieurs incidents en Europe ont démontré que cela peut aussi perturber le fonctionnement d’installations physiques dont dépendent des services du quotidien. Les systèmes de réfrigération des supermarchés ont été manipulés à distance, entraînant que les aliments frais et surgelés ne parvenaient plus à être conservés à la température adéquate. En France, le même type de problème est arrivé à trois centres régionaux de banques de sang.

Les attaques ont touché des établissements de différents pays européens et ont obligé à retirer des produits, à déplacer des réserves et à revoir les systèmes de contrôle à distance. Toutefois, tous les incidents n’ont pas eu les mêmes conséquences : alors que certains supermarchés ont enregistré des pertes de marchandises, les centres de sang français ont réussi à protéger leurs réserves grâce aux systèmes d’alarme et à l’intervention de leurs travailleurs.

Les experts consultés par EFE préviennent que ces épisodes montrent comment une vulnérabilité informatique peut finir par affecter la chaîne alimentaire ou des services sanitaires. Néanmoins, il n’existe pas encore assez de preuves pour assurer que toutes les attaques sont liées, qu’elles font partie d’une même opération ou qu’elles ont été exécutées avec une intelligence artificielle.

Supermarchés européens : réfrigérateurs manipulés à distance

Les premiers incidents de cette nouvelle vague ont été connus au début du mois de novembre, lorsque plusieurs supermarchés européens ont détecté des altérations dans leurs systèmes de réfrigération. Les attaques ont touché des établissements de pays comme la Belgique, les Pays-Bas, la Suède, l’Irlande, le Luxembourg et le Portugal, entre autres.

En Belgique, des dizaines d’établissements de chaînes comme Delhaize et Carrefour ont subi des problèmes dans leurs installations frigorifiques. Dans certains cas, les systèmes ont cessé de refroidir correctement et les commerces ont dû retirer des aliments ou recourir à des camions frigorifiques pour conserver une partie de la marchandise. L’impact a été inégal : Carrefour a communiqué que les conséquences dans ses établissements belges avaient été limitées et que les magasins avaient pu rester ouverts.

Au Portugal, sept supermarchés Intermarché ont subi une attaque qui a touché leurs équipes de réfrigération. Trois d’entre eux ont enregistré des pertes de produits, bien que la société ait assuré que l’approvisionnement n’avait pas été interrompu et que les conditions d’hygiène et de sécurité alimentaire étaient garanties.

En Suède aussi, des altérations de température ont été signalées dans des établissements de la chaîne ICA, avec des pertes de marchandises. Aux Pays-Bas, les incidents ont principalement touché de petits commerces et des boucheries-charcuteries.

Le bilan économique total de cette vague n’est pas encore clos. Les conséquences confirmées comprennent des aliments détériorés, des retraits préventifs de produits et des problèmes dans le fonctionnement des équipements, mais il n’existe pas encore de bilan global définitif des pertes.

Trois banques de sang françaises ont elles aussi subi l’attaque

L’épisode le plus délicat du point de vue sanitaire s’est produit lundi 2 novembre en France. Trois centres régionaux de l’Établissement français du sang (EFS), l’organisme chargé de gérer les réserves de sang, ont subi une intrusion qui a affecté les systèmes de surveillance et de contrôle de leurs chambres frigorifiques.

Les attaquants ont réussi à modifier les paramètres de température et de décongélation des installations. Dans ces chambres étaient stockés des produits sanguins, notamment des poches de plasma destinées aux transfusions et à la fabrication de médicaments.

La situation a été détectée par les systèmes d’alarme, qui ont alerté le personnel des centres. Les travailleurs ont transféré les réserves vers d’autres chambres frigorifiques qui n’étaient pas connectées aux systèmes compromis et ont renforcé la surveillance des températures.

Le ministère français de la Santé a confirmé qu’aucun impact sanitaire n’avait été identifié et qu’aucun produit sanguin n’avait été perdu. Il a également indiqué que l’incident était sous contrôle et que l’accès à distance aux équipements concernés avait été désactivé.

L’enquête se poursuit afin de déterminer comment l’intrusion s’est produite, quels dispositifs ont été compromis et à quel moment ils pourront de nouveau être utilisés en toute sécurité.

Comment une attaque informatique peut-elle gâcher des aliments ou compromettre des réserves sanitaires

La clé réside dans les systèmes qui permettent de contrôler des installations physiques depuis un ordinateur. De nombreux supermarchés et centres de santé utilisent des plateformes connectées à internet pour surveiller la température des chambres froides, modifier des paramètres et recevoir des alertes lorsqu’une anomalie se produit.

Si un attaquant parvient à accéder à ces systèmes, il peut en altérer le fonctionnement sans avoir besoin d’entrer physiquement dans l’établissement. Lors d’incidents récents, la manipulation des contrôles de réfrigération a permis de modifier des températures et des cycles de décongélation.

Dans un supermarché, une hausse de température peut rompre la chaîne du froid et obliger à retirer des aliments frais ou congelés qui n’offrent plus de garanties pour leur consommation. Dans une banque du sang, les conséquences potentielles sont particulièrement délicates : conserver les composants sanguins exige des conditions spécifiques et une altération peut mettre en risque des produits destinés à des traitements médicaux.

Cela ne signifie pas que toutes les attaques aient causé des dommages sanitaires ou que des réserves aient été perdues. Dans le cas français, les alertes et l’intervention du personnel ont évité que l’incident ait des conséquences sur l’approvisionnement en sang.

Tous les attaques n’impliquent pas de vol de données

Une des différences importantes de ces incidents est que l’objectif connu n’a pas nécessairement été d’accéder à des informations personnelles, de voler des bases de données ou d’exiger une rançon économique. Ce qui a été documenté dans les cas de réfrigération, c’est la manipulation de systèmes de contrôle qui agissent directement sur des équipements physiques.

Par conséquent, il convient de distinguer trois types de conséquences :

  • Interruption opérationnelle : les systèmes cessent de fonctionner normalement ou perdent leur capacité de contrôle. C’est ce qui est arrivé avec les installations frigorifiques touchées.

  • Dommages matériels ou perte de produits : une altération de la température peut détériorer des aliments ou mettre en risque des produits nécessitant une conservation spécifique. Dans certains supermarchés, il a fallu jeter de la marchandise.

  • Vol ou exposition de données : c’est une conséquence possible d’autres cyberattaques, mais il n’a pas été confirmé comme étant le résultat des incidents de réfrigération décrits.

Il n’a pas non plus été prouvé que toutes les attaques proviennent des mêmes auteurs. Les experts consultés par EFE insistent sur le fait qu’il existe des similitudes dans les méthodes utilisées, mais il manque encore des preuves pour établir un lien entre les différents épisodes ou les attribuer à un groupe précis.

Quelle vulnérabilité permet de contrôler ces équipements à distance

Les spécialistes indiquent qu’il ne faut pas toujours recourir à des techniques particulièrement sophistiquées pour compromettre une installation. Un mot de passe faible, un dispositif non à jour ou une connexion à distance mal protégée peuvent ouvrir la porte aux attaquants.

Dans certains des incidents européens, les systèmes de réfrigération étaient connectés à internet via des plateformes de gestion à distance. Les experts ont averti que certains équipements conservaient des identifiants prédéfinis ou ne disposaient pas de mesures de protection suffisantes.

Cela permet de comprendre pourquoi un problème qui semble informatique peut finir par affecter une activité physique. L’accès à un système de contrôle ne permet pas seulement de consulter des informations : dans certains cas, il offre aussi la capacité de modifier le fonctionnement de machines, de caméras et d’autres équipements industriels.

Parmi les mesures recommandées par les spécialistes figurent le fait de changer les mots de passe d’usine, de maintenir le logiciel à jour, de limiter les connexions depuis internet, de séparer les réseaux informatiques d’entreprise de ceux qui contrôlent les installations et de disposer de systèmes d’alarme indépendants.

Les attaques sont-elles liées et qui est derrière ?

La concentration d’incidents dans plusieurs pays européens sur une période courte a suscité la préoccupation des autorités. Toutefois, à la date du 7 novembre, il n’a pas été confirmé que tous répondent à une même opération, et leurs responsables n’ont pas été identifiés de manière concluante.

Les experts ont indiqué qu’il a été fait mention de groupes de hackers prorusses, mais il n’existe pas de preuves déterminantes permettant de leur attribuer les attaques. Il n’a pas non plus été démontré qu’il ait été fait usage d’intelligence artificielle pour les exécuter.

La Commission européenne a suivi de près les incidents et a coordonné des contacts avec Europol et les États membres pour traiter les risques liés aux infrastructures connectées. L’inquiétude va au-delà des supermarchés et des banques de sang : toute installation qui dépend de systèmes informatiques pour contrôler des équipements physiques peut devenir une cible si ses connexions ne sont pas suffisamment protégées.

La principale leçon de cette vague, c’est que la cybersécurité ne concerne plus uniquement les données ou l’activité numérique d’une entreprise. Lorsque des systèmes informatiques contrôlent la conservation d’aliments ou de produits de santé, une intrusion peut avoir des conséquences directes sur des services essentiels.