L'année de Von der Leyen : ce qui a été promis, ce qui a été accompli et ce qui reste à attendre

Un an après son dernier discours sur l'État de l'Union, DEMOCRATE passe en revue depuis Strasbourg les principaux engagements pris par la présidente de la Commission, depuis l'accélération industrielle et la souveraineté technologique jusqu'au logement, à la migration et aux réseaux énergétiques, pour distinguer quels annonces sont devenues des initiatives concrètes et lesquelles restent en attente d'accord ou d'exécution.

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...DEPUIS STRASBOURG... "Cinq minutes avant le compte à rebours. Nous faisons le bilan du bon et du mauvais", chantait Mecano. Ce mercredi, à Strasbourg, au lieu de marins, de soldats, de célibataires et de mariés, ce seront journalistes, eurodéputés et lobbyistes qui seront chargés de jeter un œil en arrière pour analyser, un an après, les engagements que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pris dans son dernier discours sur l'État de l'Union.

Ce fut lors de cette plénière que la dirigeante communautaire a fait connaître certaines des initiatives qui ont marqué les discussions législatives à Bruxelles au cours des douze derniers mois, depuis la Loi d'Accélération Industrielle jusqu'à la création d'une Union de Défense.

Le jour avant que Von der Leyen ne dévoile les détails de sa nouvelle feuille de route, DEMOCRATE fait le bilan depuis Strasbourg de chacun des principaux annonces qui célèbrent maintenant leur première année d'existence. Un retour sur les promesses qui ont avancé, celles qui sont encore en négociation et celles qui restent en attente.

Des startups au Régime 28

Par exemple, la présidente a affirmé lors de ce discours que la Commission travaillait "sur une mesure concernant les entreprises innovantes". Sur le papier, cet engagement s'est finalement transformé en l'approbation du connu Régime 28, conçu pour faciliter la création et l'expansion de startups européennes, et dans le Règlement sur l'Innovation, qui vise à privilégier les entreprises disruptives dans certains processus de passation de marchés publics.

"Nous nous concentrerons sur certains éléments clés, de la Loi sur le développement de l'informatique en nuage et l'Intelligence Artificielle jusqu'à l'espace contrôlé d'essai dans le domaine de la technologie quantique", a alors exprimé Von der Leyen.

Séjourné
Séjourné -

En décembre 2025, Bruxelles a signé l'accord avec le Banque Européenne d'Investissement (BEI) pour promouvoir la création de gigafactories d'intelligence artificielle, parmi lesquelles se trouve la candidature espagnole. À cela s'est ajoutée la mise en œuvre de la Loi sur les Services en Nuage, intégrée dans le Paquet de Souveraineté Technologique avec lequel la Commission vise à réduire les dépendances stratégiques et à renforcer les capacités numériques européennes.

Le 'Made in Europe' arrive à la négociation

Ce fut également à cette occasion que Von der Leyen a révélé l'un des projets phares de son second mandat. "La Commission proposera une Loi d'Accélération Industrielle pour les secteurs et les technologies stratégiques clés", a-t-elle annoncé.

Le responsable industriel du bloc, Stéphane Séjourné, a été chargé de présenter ce qui à Bruxelles a été baptisé "Made in Europe", une initiative destinée à stimuler la demande de produits européens et atteindre un poids manufacturier de 20% du PIB de l'Union d'ici 2035.

La proposition est actuellement en pleine négociation entre les co-législateurs. L'ampleur de la préférence européenne et son application aux partenaires commerciaux du continent est devenue l'un des principaux points de friction entre le Parlement et le Conseil.

Un an plus tard, l'annonce de Von der Leyen n'est plus uniquement une déclaration politique : elle est sur la table législative et au centre du débat sur la manière de combiner autonomie stratégique, compétitivité et ouverture commerciale.

Marché unique : de l'annonce au calendrier

"Nous présenterons une feuille de route pour le marché unique jusqu'en 2028. Sur les capitaux, les services, l'énergie, les télécommunications, le vingt-huitième régime et la cinquième liberté pour la connaissance et l'innovation", a défendu Von der Leyen.

La signature est arrivée lors de la sommet informel du Conseil européen qui s'est tenu à Nicosie en avril, qui a fixé l'horizon d'achèvement pour la fin de l'année prochaine.

En ligne avec cet engagement, l'Exécutif communautaire a présenté la semaine dernière le nouveau Règlement sur les marchés publics. Comme l'a annoncé Von der Leyen il y a un an, l'introduction du critère de "fait en Europe" dans les processus d'appel d'offres entraînerait une augmentation de 1,8 milliard d'euros en capital destiné à encourager la production dans les Vingt-Sept. La présidente a également anticipé alors la présentation d'"un paquet d'impulsion pour les batteries", dans le cadre d'une stratégie plus large pour renforcer les capacités industrielles européennes et réduire les dépendances externes dans des secteurs considérés comme stratégiques.

"Nous proposerons un nouveau paquet de mesures sur les réseaux pour renforcer notre infrastructure de réseau et accélérer l'octroi de permis", a détaillé la présidente. Enfin, l'initiative présentée en décembre a été accompagnée des dites Autoroutes Énergétiques, après que la Commission ait identifié "huit goulets d'étranglement critiques" dans l'infrastructure énergétique européenne.

L'objectif est d'accélérer les interconnexions, de renforcer les réseaux et de faciliter les permis nécessaires pour déployer les infrastructures requises pour l'électrification de l'économie européenne.

Logement abordable : de la promesse au règlement

Un autre des annonces de ce discours était le Plan Européen de Logement Abordable. Von der Leyen a affirmé que le continent "devait revoir ses règles sur les aides d'État pour permettre l'octroi de mesures d'aide au logement".

Ce même septembre, la vice-présidente Teresa Ribera a présenté le Règlement sur le Logement Abordable, avec lequel Bruxelles envisage de limiter certains effets de l'achat spéculatif de résidences secondaires et de donner aux municipalités de plus grandes garanties juridiques pour agir contre les appartements touristiques. Le logement est ainsi devenu l'un des domaines dans lesquels la Commission est passée de l'identification du problème politique à l'articulation d'un cadre réglementaire européen.

Certaines des pistes du discours de cette année se trouvent également dans celui de 2025. La présidente a alors demandé aux co-législateurs "un accord rapide sur le système commun de l'UE pour les retours", tout en réclamant "la pleine application du Pacte sur la Migration et l'Asile". En juin, l'accord politique a été atteint qui permettra de créer des centres de retour de migrants dans des pays tiers avec lesquels l'Union a signé des accords d'association. Ce même mois, le Pacte atteint sous la présidence espagnole du Conseil est entré en vigueur.

De même, Von der Leyen a annoncé qu'elle recommanderait "à un groupe d'experts la tâche de me conseiller avant la fin de 2025 sur quel est le meilleur approche pour l'Europe" en matière de protection des mineurs sur les réseaux sociaux.

Teresa Ribera
Teresa Ribera -

Le rapport final de ce panel est arrivé en juin et sera probablement l'un des sujets qui reviendront au centre du débat lors du discours de ce mercredi. La Commission étudie maintenant établir à 13 ans l'âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux, une question qui affecte directement la réglementation des plateformes et la protection des mineurs dans l'environnement numérique.

Devoirs en attente

Von der Leyen a identifié lors de cette Plénière la diversification commerciale comme une nécessité stratégique du continent. 2026 sera retenu comme l'année politique où est entrée en vigueur l'application provisoire de l'accord entre l'Union Européenne et le Mercosur, ainsi que pour l'avancement vers "un accord historique avec l'Inde". Mais toutes les promesses n'ont pas atteint le même niveau de maturité.

Avant que la présidente prenne la parole lors du SOTEU de cette année, il reste encore quelques défis à relever. Von der Leyen a soulevé l'année précédente la nécessité de abandonner l'unanimité et de progresser vers la majorité qualifiée dans des domaines tels que la politique extérieure. Bruxelles, cependant, n'a pas encore présenté de proposition concrète de réforme en ce sens. De plus, dans son discours, elle a demandé d'avancer plus rapidement vers une Loi sur l'Économie Circulaire. Cependant, en décembre 2025, la Commission n'a présenté qu'un paquet de mesures pilotes axées sur le secteur des plastiques.

Le dernier grand sujet en suspens est lié à Israël et la guerre de Gaza. En pleine tension sur la position de l'Union Européenne, Von der Leyen a annoncé la suspension du soutien bilatéral, la proposition de sanctions contre des ministres extrémistes et des colons violents, et la suspension partielle de l'Accord d'Association entre Bruxelles et Israël en matière commerciale. Bien que l'exécutif communautaire ait formellement présenté des propositions à ce sujet, les États membres n'ont pas encore atteint la majorité nécessaire pour les faire avancer.

Un an plus tard, le bilan de Von der Leyen dessine ainsi une Commission qui a transformé une bonne partie de ses annonces en dossiers législatifs, accords ou cadres réglementaires, mais qui maintient d'autres engagements bloqués dans la négociation entre institutions ou, directement, entre les Vingt-Sept.

Ce mercredi, depuis l'hémicycle de Strasbourg, la présidente remettra à zéro le compteur. La question sera de vérifier combien des promesses de l'année dernière se transforment en point de départ pour la suivante.

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