Ainsi change la Loi de Dépendance : plus d'aides compatibles, moins d'attente et nouveaux droits

La réforme réduit à trois mois le délai légal pour accorder les prestations, élargit les soins à domicile, universalise la téléassistance et facilite la reconnaissance du handicap.

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La réforme des lois sur la dépendance et le handicap est désormais définitivement approuvée. Le Congrès a clôturé ce mercredi son traitement après avoir voté les amendements incorporés lors de son passage au Sénat, culminant l'une des plus grandes modifications du système depuis l'approbation de la Loi sur la Dépendance il y a deux décennies.

Le nouveau cadre change des aspects qui affectent directement les utilisateurs, les familles et les aidants : il sera possible de combiner des prestations jusqu'alors incompatibles, le délai légal pour les accorder passe de six à trois mois, l'aide à domicile pourra s'étendre en dehors de la maison et la téléassistance devient un droit pour toutes les personnes avec une dépendance reconnue.

La réforme connecte également les reconnaissances de dépendance et de handicap, crée de nouveaux services pour faciliter le maintien des utilisateurs dans leurs logements et renforce les obligations d'accessibilité.

Voici les principales clés de la nouvelle réglementation.

Il sera possible de combiner des prestations qui jusqu'à présent étaient incompatibles

Un des changements les plus significatifs est la suppression du régime d'incompatibilités introduit en 2012.

La modification permettra de combiner des services et des aides pour les personnes qui continuent à vivre chez elles. Ainsi, par exemple, une personne pourra aller dans un centre de jour et recevoir en même temps de l'aide à domicile ou percevoir une prestation pour des soins dans le cadre familial et accéder également à certains services.

Les communautés autonomes devront adapter leurs réglementations à ce nouveau modèle avant le 1er janvier 2030.

Le délai légal pour accorder la prestation passe à trois mois

La réforme vise également à réduire le temps qui s'écoule entre la demande de dépendance et l'arrivée effective de l'aide.

Le délai légal depuis la présentation de la demande jusqu'à l'octroi de la prestation est réduit de six à trois mois. De plus, un procédé d'urgence est créé pour les cas où il existe une situation de vulnérabilité particulière dûment motivée.

L'application effective de cette réduction dépendra désormais de la capacité des administrations chargées de traiter et de gérer les prestations.

Dépendance et handicap seront automatiquement connectés

Une autre des nouveautés vise à éviter qu'une personne doive traverser des procédures administratives différentes pour attester de situations connexes.

La réforme établit que les personnes avec un degré I de dépendance auront automatiquement reconnu un 33% de handicap, tandis que ceux qui auront reconnu un degré II ou III obtiendront un 65%.

Il est également prévu une guichet unique, présentiel et électronique, depuis lequel gérer de manière centralisée les demandes, prestations et services liés à la dépendance et au handicap, réduisant les duplications administratives.

L'aide à domicile pourra sortir de chez soi

L'aide à domicile cessera de se limiter exclusivement à l'intérieur du logement.

Le service pourra inclure des interventions dans le environnement communautaire proche. En pratique, cela permettra à un professionnel d'accompagner la personne dépendante pour réaliser certaines activités quotidiennes, comme aller chez le médecin ou faire des courses.

La modification répond à l'un des principes qui traversent la réforme : faciliter que les personnes puissent décider comment elles veulent recevoir leurs soins et, quand elles le souhaitent, rester plus longtemps chez elles, dans leur quartier ou leur municipalité.

La téléassistance devient un droit universel

La téléassistance devient un droit pour toutes les personnes ayant reconnu une situation de dépendance.

Cela permettra d'incorporer des utilisateurs qui jusqu'à présent pouvaient rester en dehors du service, parmi eux certaines personnes atteintes de démence, selon l'explication fournie par le Ministère des Droits Sociaux.

De plus, la téléassistance aura un caractère complémentaire : elle devra être combinée avec d'autres services et ne pas être utilisée comme unique prestation. La réforme prévoit également l'emploi de technologies et de dispositifs avancés, comme des systèmes de géolocalisation.

Nouveaux services pour pouvoir continuer à vivre chez soi

Le catalogue incorpore un nouveau service de soins et de soutien dans les logements, indépendamment de l'âge et du degré de dépendance.

Il pourra se développer dans des logements partagés par plusieurs personnes dépendantes ou par le biais de soutiens coordonnés entre différents domiciles individuels proches.

Il est également prévu la fourniture de produits de soutien pour l'autonomie personnelle par le biais de prêt ou de cession temporaire. Parmi eux, on pourra trouver des lits articulés, des fauteuils roulants électriques ou des déambulateurs. Le catalogue minimum commun devra être convenu au Conseil Territorial entre les communautés autonomes et le Ministère.

Une prestation transitoire en attendant la ressource demandée

...

La nouvelle loi introduit une solution pour les personnes avec dépendance de degré II ou III lorsque la ressource qu'elles ont choisie et qui leur revient n'est pas immédiatement disponible.

Dans ces cas, elles pourront recevoir temporairement un autre service ou une prestation économique en accord avec leurs préférences, au lieu de devoir accepter définitivement une alternative qu'elles ne désirent pas ou de rester sans attention.

Par exemple, une personne qui attend une place dans une certaine résidence pourra recevoir en attendant de l'aide à domicile.

Amis et personnes proches pourront être des aidants

Il change également qui peut recevoir la prestation pour soins dans le cadre familial.

En plus des membres de la famille, pourront assumer les soins des personnes appartenant à l'environnement relationnel, comme un partenaire non marié ou des amis. Exceptionnellement, il ne sera pas nécessaire de cohabiter lorsqu'il existe un engagement de soins sans contrepartie économique et que les deux personnes résident dans des logements proches.

La réforme reconnaît également par la loi la figure de l'aidant principal, identifié comme celui qui consacre le plus de temps aux soutiens et qui figure comme tel dans le programme individuel de soins.

Les administrations devront garantir la continuité des soins lorsque cette personne souffre d'une maladie grave ou doit être hospitalisée.

Travailler et recevoir une prestation de dépendance sera compatible

Une autre nouveauté est la possibilité de compatibiliser un emploi avec une prestation ou un service de soins à la dépendance.

L'incompatibilité existante représentait particulièrement un obstacle pour les personnes en situation de handicap qui, malgré le besoin de certains soutiens pour leur vie quotidienne, pouvaient développer une activité professionnelle.

La réforme élimine cette barrière et permet de maintenir les soutiens même si la personne travaille.

Les résidences devront avancer vers une attention sans contraintes

La nouvelle réglementation établit une attention libre de contraintes physiques, mécaniques, pharmacologiques ou chimiques.

Les personnes ne pourront pas être immobilisées ou sédatées comme mécanisme ordinaire pour contrôler des situations d'agitation. Ces interventions ne sont envisagées qu'en cas d'urgence vitale et avec prescription médicale et supervision.

La finalité des résidences est également redéfinie pour les orienter vers des espaces où les personnes peuvent vivre dans un environnement de confiance, de bien-être et avec des caractéristiques plus proches d'un foyer.

L'accessibilité universelle devient un droit

La réforme adapte la législation au nouvel article 49 de la Constitution et reconnaît l'accessibilité universelle comme un droit, ce qui permettra d'exiger son respect.

Dans le domaine de l'Administration Générale de l'État, un programme sera créé pour financer des interventions d'accessibilité dans des espaces et des bâtiments publics, depuis l'installation de rampes jusqu'à l'incorporation de pictogrammes.

La loi incorpore également une protection renforcée des droits des femmes et des filles en situation de handicap et régule la figure du facilitateur procédural, qui servira de lien entre les personnes en situation de handicap et les opérateurs juridiques pendant les procédures judiciaires.

Plus d'obligations pour installer des ascenseurs et des rampes

La réforme modifie également la Loi sur la Propriété Horizontale pour renforcer les cas dans lesquels il sera obligatoire d'entreprendre des travaux d'accessibilité dans des bâtiments privés, comme l'installation d'ascenseurs ou de rampes.

Lorsqu'un propriétaire présente des informations sur les subventions disponibles pour entreprendre les travaux, la communauté des propriétaires sera obligée de les demander. Si les actions obligatoires ne sont pas réalisées, la personne concernée pourra se rendre devant les tribunaux.

Les centres de jour pourront également accueillir ceux qui vivent à l'extérieur

Les centres de jour s'ouvrent également à leur environnement. Ils pourront offrir certains services à des personnes qui continuent à vivre dans des domiciles proches et ont besoin de soutien, tant dans leurs logements que dans d'autres espaces proches.

Le changement revêt une importance particulière dans les environnements ruraux, où concentrer certains services dans un centre peut faciliter l'attention des personnes vivant dispersées dans différentes municipalités ou noyaux.

L'État devra assumer la moitié du financement

Le déploiement de tous ces changements sera conditionné par le financement du système. La nouvelle réglementation oblige l'Administration Générale de l'État à contribuer à hauteur de 50 % des dépenses certifiées par l'ensemble des communautés autonomes, qui sont responsables de la gestion de la dépendance.

La réforme arrive en outre accompagnée de l'engagement du Gouvernement de mobiliser 6.200 millions d'euros entre 2026 et 2027.

L'approbation de la loi ouvre maintenant la phase d'application. Les administrations devront transférer les changements au fonctionnement quotidien du système afin que les nouveaux droits se traduisent par des prestations compatibles, moins de démarches, des délais plus courts et une plus grande capacité des personnes dépendantes à décider comment et où elles souhaitent recevoir leurs soins.

Bonjour, je m'appelle Fren. Comment puis-je vous aider ?