Le Ministère de l'Intérieur a précisé ce samedi que les contrôles frontaliers sur les vols en provenance d'Italie à destination de l'Espagne sont effectués "à la porte de l'avion", c'est-à-dire juste à la sortie de la passerelle d'accès à l'aéronef, sans dévier le flux de passagers vers une zone spécifique de contrôle extérieur.
En fonction du volume de voyageurs de chaque vol, le nombre nécessaire de policiers de frontière responsables de réaliser les vérifications appropriées est attribué.
Les agents frontaliers effectuent les contrôles "de manière aléatoire, non systématique" sur les passagers qui sont des ressortissants de pays tiers, dans le but de vérifier qu'ils remplissent les conditions requises dans le Code des frontières Schengen.
L'action vise en tout temps "la plus grande collaboration avec les passagers et les membres de la compagnie", de manière à ce que les citoyens des États membres soient exemptés d'inspection et que la sortie des voyageurs de l'avion soit accélérée au maximum.
Si des doutes surgissent concernant le respect des conditions et qu'un contrôle plus approfondi sur un passager s'avère nécessaire, celui-ci est conduit au poste frontière, où, "de manière discrète", les vérifications et contrôles pertinents sont effectués et, le cas échéant, le traitement du refus d'entrée ou de la procédure correspondante.
Tout cela est réalisé, selon l'Intérieur, en respectant les garanties et droits prévus dans la réglementation sur l'immigration.
Rétablissement temporaire des contrôles avec l'Italie
Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a informé ce samedi diverses autorités de l'Union Européenne (UE) de la décision du Gouvernement de rétablir les contrôles frontaliers dans les aéroports et ports avec des connexions directes entre le Royaume d'Espagne et la République Italienne.
La notification a été envoyée à la vice-présidente exécutive de la Commission Européenne, Henna Virkkunen ; au commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner ; à la présidente du Parlement Européen, Roberta Metsola, et à la secrétaire générale du Conseil des ministres de l'Intérieur des États membres de l'Union Européenne et des États associés à Schengen, Thérèse Blanchet.
Dans l'écrit, Grande-Marlaska indique que les autorités espagnoles suivent de près l'évolution de la situation migratoire dans l'espace Schengen et, en particulier, la pression migratoire sur la route de la Méditerranée centrale qui affecte la République italienne et ses conséquences sur divers États membres en raison de l'activité de réseaux de criminalité transfrontalière liés à la migration irrégulière.
Face aux possibles implications de ce scénario pour l'ordre public et la sécurité intérieure, l'Espagne a décidé de réintroduire temporairement des contrôles à certaines frontières intérieures, conformément aux articles 25 et suivants du Règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil, du 9 mars 2016, qui établit le Code des frontières Schengen.
Grande-Marlaska détaille que, en application de l'article 27 dudit Règlement, la réintroduction temporaire de contrôles aux frontières s'appliquera aux connexions aériennes et maritimes entre le Royaume d'Espagne et la République italienne à partir de 00h00 le 8 août et jusqu'à 00h00 le 7 septembre.
Cette période pourra être modifiée en fonction de l'évolution des circonstances qui ont motivé la mesure et, une fois celle-ci terminée, les autorités espagnoles réévalueront la situation pour décider s'il est nécessaire de maintenir, d'ajuster ou de supprimer les contrôles, conclut le ministre.