Le Gouvernement donne le feu vert aux avant-projets d'asile et d'immigration en pleine réponse à la crise de Ceuta

Le Conseil des ministres approuve en première lecture les deux avant-projets pour adapter la législation espagnole au Pacte européen sur la migration et l'asile, avec des procédures plus rapides pour résoudre les demandes de protection internationale.

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Le Gouvernement a approuvé ce mardi en première lecture une nouvelle loi sur l'asile et une réforme de la loi sur l'immigration qui modifieront les procédures pour identifier ceux qui arrivent irrégulièrement en Espagne, traiter les demandes de protection internationale et exécuter les retours de ceux qui n'ont pas le droit de rester dans le pays.

Les deux avant-projets visent à adapter la législation espagnole au Pacte Européen sur la Migration et l'Asile et devront maintenant passer par les organes consultatifs correspondants avant de revenir au Conseil des Ministres et d'être envoyés aux Cortes.

La porte-parole du Gouvernement et ministre de l'Inclusion, de la Sécurité Sociale et des Migrations, Elma Saiz, a annoncé l'approbation des deux textes après la réunion du Conseil des Ministres. Le Plan Annuel Normatif de l'Exécutif prévoyait déjà pour 2026 une nouvelle Loi Réglementaire de la Protection Internationale destinée à adapter la législation espagnole au nouveau cadre européen.

Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a défendu que la réforme permettra d'accélérer les procédures sans réduire les garanties des demandeurs. L'Exécutif propose, comme il l'a expliqué, un système "plus agile, efficace, ordonné et, bien sûr, garantiste".

Une nouvelle procédure frontalière de jusqu'à 12 semaines

Un des principaux changements se produira dans le traitement des demandes de protection internationale. La future loi différenciera une procédure ordinaire, une procédure accélérée et une procédure spécifique à la frontière.

Cette dernière aura un délai maximum de résolution de 12 semaines, durant lesquelles le demandeur devra rester à la disposition des autorités espagnoles.

Marlaska a défendu que ce mécanisme ne signifie pas laisser sans traitement les demandes de protection internationale. L'objectif, selon l'Intérieur, est d'établir "des délais plus courts" mais "sans porter atteinte aux droits et libertés fondamentaux".

La nouvelle loi mettra également à jour les définitions de protection internationale, de statut de réfugié et de protection subsidiaire. Parmi les circonstances qui devront être prises en compte, on incorpore expressément la persécution liée au genre, à l'identité ou à l'expression de genre et au handicap, en plus d'un traitement spécifique de certaines situations de vulnérabilité.

Triage obligatoire pour ceux qui traversent irrégulièrement la frontière

La réforme de la loi sur l'immigration introduit une autre des pièces centrales du nouveau modèle européen : le triage des personnes qui entrent en Espagne sans avoir passé par les contrôles frontaliers correspondants.

Ce processus comprendra, selon les détails fournis par Marlaska, un examen médical, un examen des vulnérabilités possibles, l'identification de la personne, la collecte de données biométriques, une inspection de sécurité et sa dérivation ultérieure vers le processus approprié.

Le triage est obligatoire pour les États membres en vertu du nouveau cadre européen. Cependant, l'Espagne prévoit de maintenir un délai inférieur au maximum communautaire.

Tandis que la réglementation européenne permet que ce processus se prolonge jusqu'à sept jours, le Gouvernement fixe pour l'Espagne un maximum de 72 heures.

Intérieur justifie cette réduction par la nécessité de limiter "au minimum indispensable" la période pendant laquelle une personne doit rester dans les installations policières habilitées.

Retour pour ceux qui n'ont pas droit à protection

La modification de l'immigration réglera également le procédure frontalière de retour prévue dans le Pacte Européen.

Ce mécanisme affectera les personnes qui arrivent irrégulièrement aux frontières espagnoles et qui, une fois leur situation examinée, n'ont pas droit à obtenir une protection internationale ni à entrer sur le territoire national.

Lorsque une demande de protection internationale est rejetée, la personne recevra avec la décision le refus d'entrée et l'obligation de quitter l'Espagne, selon les lignes du projet de loi expliquées par Intérieur.

Les changements arrivent en pleine gestion de la crise migratoire de Ceuta. Le Gouvernement fait face maintenant à une phase centrée, entre autres objectifs, sur le rapatriement de ceux qui n'ont pas droit à rester en Espagne et la résolution des dossiers de ceux qui demandent l'asile, comme l'a expliqué ce mardi le premier vice-président, Carlos Cuerpo.

Les textes n'arrivent toujours pas au Congrès

L'approbation de ce mardi ne signifie pas encore l'approbation des projets de loi ni leur envoi au Parlement. Le Conseil des Ministres a donné son feu vert aux projets en première lecture.

Le Gouvernement devra maintenant recueillir les rapports correspondants d'organismes tels que le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire (CGPJ) et le Conseil d'État, en plus du Forum pour l'Intégration Sociale des Immigrants et le Conseil d'État des ONG.

Après ce processus, les textes devront retourner au Conseil des ministres pour leur approbation en tant que projets de loi avant d'être envoyés aux Cortes Generales.

Marlaska a assuré que le Gouvernement entend compléter cette procédure "dans les plus brefs délais" et a avancé qu'il négociera avec "tous" les groupes parlementaires pour essayer de faire avancer les réformes.

Le nouveau cadre répond à l'application en Espagne du Pacte Européen sur la Migration et l'Asile, composé de différents règlements communautaires et de la Directive (UE) 2024/1346, du 14 mai 2024, sur les normes d'accueil des demandeurs de protection internationale. Le propre Plan Annuel Normatif de 2026 établit comme objectif de la nouvelle législation espagnole de développer les matières du Pacte qui sont réservées à une norme ayant force de loi.

Bonjour, je m'appelle Fren. Comment puis-je vous aider ?