L’arbitre a expulsé Jesús Owono dans le temps additionnel de Tenerife-Andorra, mais le carton rouge ne précise pas combien de matchs le gardien manquera. La règle qui régit cette décision est le Code disciplinaire de la Real Federación Española de Fútbol (RFEF). Dans le cas de Jesús de Miguel, il existe une distinction décisive : le Code permet de sanctionner de quatre à douze matchs une action violente commise en disputant le ballon si elle a des conséquences graves. Pour infliger cette sanction, il n’est pas nécessaire de qualifier le coup de blessure délibérée.
Le score était de 2-2 lorsque Owono est sorti vers le milieu du terrain pour couper un long ballon et a percuté De Miguel. L’attaquant est resté au sol, a reçu des soins médicaux et a été évacué en ambulance. Le match a été suspendu. Tenerife a ensuite annoncé son admission en soins intensifs à l’Hôpital Universitaire Nuestra Señora de Candelaria. Le communiqué du club ne précise pas combien de temps il sera absent.
De quatre à douze matchs si l’article 102 s’applique
L’article 102 prévoit la conduite violente contre un adversaire pendant le jeu lorsqu’elle provoque un dommage grave. La RFEF établit deux critères pour apprécier cette gravité : la nature de la blessure et la période d’inactivité qu’elle peut occasionner. Il suffit que les conséquences soient considérées comme graves pour l’un de ces motifs, à condition que les faits ne constituent pas une infraction d’une plus grande gravité.
Ainsi, le fait qu’Owono soit sorti pour couper une contre-attaque n’exclurait pas à lui seul une suspension de quatre à douze rencontres. Et, inversement, l’admission de De Miguel en soins intensifs ne détermine pas automatiquement qu’il faille en prévoir douze. Le Comité devrait qualifier la conduite du gardien, évaluer les conséquences établies et justifier la durée de la suspension.
Ce qui change s’il est considéré comme jeu dangereux ou agression
L’article 122 prévoit un cas différent : le jeu dangereux qui cause un dommage et réduit les capacités de l’adversaire. Dans ce cas, la sanction prévue est d’un à trois matchs ou une suspension temporaire pouvant aller jusqu’à un mois. L’article 130.1, en revanche, régit les actions violentes pendant le jeu qui génèrent un risque sans causer de blessure. C’est pourquoi il ne suffit pas de chercher dans le Code l’expression "violence dans le jeu" : il importe aussi quelles conséquences chaque article exige.
L’agression de l’article 103 exige de prouver l’intentionnalité. Pour l’apprécier, le Code accorde de l’importance à savoir si le jeu était arrêté ou si le ballon se trouvait si loin qu’il était impossible d’intervenir dans l’action. Lorsqu’une agression cause une blessure qui oblige la personne affectée à s’arrêter de travailler, le deuxième alinéa prévoit de six à quinze matchs, sauf infraction plus grave. Cette fourchette ne s’active pas en fonction de la gravité du certificat médical : il faudrait d’abord prouver l’agression.
À la clôture de cette information, il n’a pas été possible de vérifier le procès-verbal intégral de Tenerife-Andorra ni une décision disciplinaire concernant Owono. Ce qui est confirmé, c’est l’expulsion du gardien ; les quatre à douze matchs constituent la sanction prévue pour l’une des qualifications possibles de l’action, et non une punition déjà imposée.