La Commission européenne a enregistré et admis à traiter la plainte déposée par Iustitia Europa pour les faits survenus à Ceuta durant la crise frontalière. La plainte, déposée le 4 août dernier, a été intégrée à la procédure d'examen de l'institution européenne avec la référence CPLT(2026)02717, selon ce qu'a communiqué la propre formation à Demócrata.
La Direction générale de la migration et des affaires intérieures de la Commission européenne sera chargée d'analyser les faits à la lumière du droit de l'Union européenne applicable. Une fois cette analyse terminée, Bruxelles communiquera à Iustitia Europa les résultats et, le cas échéant, les mesures qui pourraient être prises.
Bruxelles analysera les éventuelles infractions du droit de l'UE
La plainte soulève devant les institutions européennes si les événements enregistrés à Ceuta ont pu répondre à la utilisation délibérée des flux migratoires comme instrument de pression contre un État membre et quelles responsabilités pourraient découler de cette action.
Iustitia Europa demande en outre qu'il soit examiné la réponse offerte par les institutions européennes et par les différents gouvernements nationaux face aux faits. La formation soutient que les conséquences politiques, économiques et frontalières d'une situation de cette nature ne devraient pas incomber à l'Espagne si l'on détermine que les faits ont leur origine sur le territoire marocain.
La formation réclame qu'il soit également déterminé si les autorités de l'État d'origine avaient connaissance, tolérance ou un certain degré d'intervention dans les événements.
Une plainte qui arrive après la voie judiciaire
L'action devant la Commission européenne fait partie d'une stratégie que Iustitia Europa a développée dans trois domaines différents. La formation a d'abord déposé une plainte pénale devant l'Audiencia Nacional, a ensuite communiqué les faits à la Cour pénale internationale et, le 4 août dernier, a transféré l'affaire aux institutions européennes.
L'admission à traiter par la Commission signifie maintenant que la plainte entre dans un circuit formel d'analyse au sein des institutions communautaires. Cela n'implique pas que Bruxelles ait déterminé qu'une infraction du droit de l'UE a eu lieu ni qu'elle ait attribué des responsabilités pour les faits dénoncés. La Commission analysera précisément ces questions avant de communiquer ses conclusions.
Iustitia Europa réclame que l'Espagne ne soit pas « l'État désigné »
Le président de Iustitia Europa, Luis María Pardo, considère que la décision de Bruxelles permet de transférer au domaine européen une des questions centrales de la dénonciation : la position que doit adopter l'Union Européenne face à une éventuelle utilisation des flux migratoires pour exercer une pression sur l'un de ses États membres.
«L'Espagne ne peut pas passer d'État affecté à État désigné», soutient Pardo. Le président de la formation considère que pendant que l'on remettait en question l'action espagnole et que l'on envisageait des restrictions possibles pour les citoyens espagnols, il ne se produisait, à son avis, aucune analyse équivalente sur l'origine des événements.
La formation soutient qu'il revient maintenant à la Commission Européenne de déterminer si les faits dénoncés peuvent s'inscrire dans une quelconque infraction du Droit de l'Union et d'évaluer la réponse institutionnelle qui s'impose.
La protection d'une frontière extérieure de l'UE
La dénonciation présentée à Bruxelles soulève en outre une question liée à la protection des frontières extérieures de l'Union Européenne. Ceuta constitue une frontière extérieure espagnole et, par conséquent, de l'UE, bien qu'elle ne fasse pas partie de l'espace Schengen de la même manière que la Péninsule.
Iustitia Europa réclame que les institutions communautaires déterminent si une frontière extérieure de l'Union a pu être utilisée comme instrument de pression contre un État membre et, dans ce cas, quels mécanismes européens peuvent être activés pour éviter qu'une situation similaire ne se reproduise.
La formation soutient dans son écrit que la réponse européenne devrait s'orienter vers «éclaircir les responsabilités et renforcer la protection effective des frontières extérieures de l'Union», au lieu de transférer les conséquences à l'État qu'elle considère affecté par les faits.
De l'Audiencia Nacional à Bruxelles
La décision de la Commission élargit le parcours institutionnel d'une dénonciation qui est déjà présente dans le domaine judiciaire espagnol. Iustitia Europa a présenté devant l'Audiencia Nacional une dénonciation liée aux événements de Ceuta et a ensuite transféré les faits à la Cour Pénale Internationale.
L'organisation entend que les différentes institutions analysent les faits depuis leurs domaines de compétence respectifs. Dans le cas de la Commission Européenne, la procédure se concentrera spécifiquement sur la détermination de l'existence d'une possible infraction du Droit de l'Union Européenne.
Pour le moment, Bruxelles se limite à confirmer l'enregistrement de la plainte et le début de son examen. Ce sera la Direction Générale de la Migration et des Affaires Intérieures qui devra analyser la documentation fournie et déterminer s'il existe des éléments justifiant de nouvelles actions.
Pour Iustitia Europa, l'admission à traitement signifie que la question soulevée sur Ceuta entre formellement dans le circuit institutionnel européen, après avoir déjà été transférée aux domaines judiciaire espagnol et international.